‹ Les déicides;Chapitre 12 sur 40 · I.KS nÉIClDF-S · texte numérisé non relu

I.KS nÉIClDF-S

la mère, les frères et les sœurs, gens simples et pieux ne revendiquaient nullement pour leur famille une part de la gloire et de la puissance de l’Eternel. Les Juifs remarquaient enfin que les propres parents de Jésus, la plupart de ses disciples eux-mêmes, ne croyaient pas à sa mission, bien moins enœre à sa divinité; comment une conviction favorable au] fils de Marie aurait-elle pu, dans ces conditions diverses, s’emparer de l’esprit des masses?

Mais ce qui est bien autrement étrange et caractéristique, c’est la longanimité excessive, c’est la patience inaltérable, ne pourrait-on pas dire plutôt l’impuissance avec laquelle Jésus supporte non-seulement l’incrédulité générale dont il est l’objet, mais encore les outrages, les violences et les voies de fait qui accueillent ses actes les plus significatifs. Nous avons vu, chaque fois qu’une prétention à la divinité était sortie de sa bouche, les Juifs, qui l’entendaient, protester contre ce qu’ils appelaient un blasphème, et même s’armer de pierres pour lapider celui qui portait une aussi grave atteinte à la foi d’Israël. C’était alors pour Jésus le moment, ou jamais, de faire éclater sa puissance et d’arrêter, par un prodige éblouissant, puisqu’il avait le don des miracles, ceux qui le poursuivaient et voulaient le faire périr.

Lor.sque les habitants de Sodome tentent de faire violence aux envoyés du Seigneur et d’envahir la maison hospitalière de Loth, les anges, étendant la main, frappent d’aveuglement la populace, et, bientôt après, le feu

du ciel, uni aux éruptions volcaniques de la terre, brûle et détruit la ville et ses infâmes habitants. — Lorsque, dans le désert, Israël se montre rebelle à la voix de Dieu ou doute de ses saintes promesses, de terribles châtiments, ministres de la justice éternelle, fondent à l’instant sur, le peuple coupable, et, saisis de crainte, les Hébreux reviennent aussitôt au respect des lois et des volontés divines.

Rien de semblable ne se produit dans la vie terrestre de Jésus. En vain on lui demande des preuves ; en vain on s’ameute contre lui ; en vain le peuple irrité passe du scepticisme à la violence, aucun signe vengeur n’éclate dans le ciel, aucun châtiment surnaturel et soudain ne frappe ceux qui osent poursuivre et lapider un Dieu ! Jésus se retire devant le courroux populaire ; il s’était enfui en Galilée lorsque la populace voulait le précipiter du haut d’une montagne abrupte ; il s’était enfui dans le désert, lorsqu’Hérode le faisait chercher pour le mettre à mort ; il s’était enfui lorsqu’échoua le complot qui tendait à le proclamer roi ; il s’enfuit encore lorsque les Juifs lui jettent des pierres pour le punir de se proclamer Dieu *. Ce système, il faut le croire, était sans doute calculé de sa part ; il entrait dans ses desseins de refuser ainsi au peuple hébreu les témoignages de sa divinité et de repousser de la nouvelle alliance qu’il prétendait ap-

> Quærebant orgo eum appreliendere : exivit de manibus eorum, et ahiit iterum Irans Jordanem, in eum locum ubi erat Joannes baptizans primum, et mansit illic. — Jean, ch. x, v. 39, et 40.

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porter à la terre la race élue à qui cetle alliance avait cependant été promise dès les jours merveilleux du Sinaï ; mais, lorsqu’il lui était si facile de convaincre les Juifs, on ne peut que déplorer raveuglemeiit et l’ignorance dans lesquels il les a laissés.

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