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CHAPITRE IV

Les ouvrages d'Aiitony Collins remplissent une période de vingt années que l'on pourrait appeler l'apogée du déisme (1707-1727) : Shaftesbury vit encore, pendant les premières années de cette période, Toland presque jusqu'à la fin; Woolston travaille déjà, et n"a pas encore compromis l'école par ses pires violences; Tindal , Morgan et Chubb préparent leurs publications. Collins est, pour ainsi dire, au centre de cette période centrale; nul n'est entré dans plus de querelles, ni plus résolument, quoique nul n'ait apporté dans les querelles une habileté plus hypocrite. Le mot peut paraître sévère pour un homme dont la jeunesse fut honorée de l'amitié de Locke : il sera malheureusement justifié. Le gentleman d'un com-

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morce agréable, le trésorier respecté da comté d*Bssex, le mourant paisible qui exprime la certitude de se rendre « dans le séjour de ceax qui aiment Dieu, » n*en est pas moins, A ne jagor que d*après les écrits sortis de sa plome , la figure la moins sympathique, pour ne pas dire la plus répulsive, de tout le déisme anglais.

Il n*a pris qu*une part tardive à la première querelle importante dont il se soit occapé, celle dn Timmortalité de Tâme; mais le caractère et la science de ceux qui avaient introduit cette discussion , et les efforts renouvelés de nos Jours pour la soulever au sein de notre protestantisme , nous font un devoir de la résumer dans son ensemble.

Dodwell , théologien ultra-anglican et jacobito, connu par de nombreux ouvrages d'érudition sacrée, était Tennemi juré des dissidents qui , en déchirant Tunité de TEglise visible, péchaient, selon lui, contre le Salrit-Esprit. Dans Son animosité contre eux, il en vint à leur contester une âme immortelle. Tel est le sujet d'un traité publié en 1706, sous ce titre long mais significatif : « Discours épistolaire^ prouvant i par V Ecriture et par les Pères les plus anciens t que l'âme est un principe naturellement Htumortel^ mais rendu surnaturel selon le plaisir de DieUy pour punition ou pour récompense, par l'union avec le divin esprit baptismal, et oit il est prouvé que personne n'a lepoupôir de don-

ner cet esprit divin d'immortalité, depuis les apôtres, si ce n'est les êvêques (1), » Cette thèae est traitée par Macaulay comme une fantaisie digne de Bedlam. Le grand historien est trop sévère : cela n'est point si mal raisonné; il y a là une certaine logique dans l'absurde.

La mortalité naturelle de l'âme , suivant le théologien excentrique , est à la fois dans les croyances des juifs aux temps apostoliques , des païens , dont le langage sur la matière a passé dans le Nouveau Testament, de Pères de l'Eglise, tels que Justin Martyr, Tatien, Irénée, Tertullien. L'immortalité naturelle de l'âme, en dehors d'une communication spéciale du pneuma divin, est une importation philosophique déposée par Origèae dans le christianisme; importation qui n'était pas du tout nécessaire, quoi qu'on en dise , pour la moralité de la vie présente ; importation qui a pour inconvénient de condamner les pécheurs et les païens à une misère éternelle. Non , pour recevoir l'immortalité, il faut la foi et le baptême. Or, qui a

(1) H. DodncU , An epislolary ditcaurse , etc. Loniïon , 1706. Dana l'exemp. de la bibl. Cousin, ce traité est précédé d'une curieuse biographie de l'auteur par Brokeaby, LondoQ, 171. On y voit que Dodwell était un ascète, jeûnant trois jours de Is seroaine, qu'il a traduit en anglais l'Introduction à la vie dénote, de aaiot P. de Sales, avec des changements A l'usage des protestants. Quoique uUra-roraliste , il avait combattu les tentatïTes romaines de Jacques 11.

E CHRtSTEANlSklB.

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qualité pour conférer ce baptême? C'est l'un de ceoi à qui le Seigneur adonné son esprit, c'est l'un des apôtres et, depuis que les apôtres sont morts, un de leurs successeurs, un évêque ou un ministre ordonné régulièrement par un évêque. Donc celui qui n'a pas d'évâque n'a pas d'immortalité.

La conclusion était tellement absurde qu'elle condamnait le raisonnement; mais un point d'interrogation subsistait devant l'immortalité naturelle de l'âme. Aussi , laissant de côté le pouvoir immortalisant des évéques, que le ridicule se chargeait de réfuter, l'excellent Clarke, philosophe chrétien , disciple de Newton, toujours prêt, pendant toute sa vie, à entrer dans la lice contre les adversaires du spiritualisme et de l'Evangile , ne voulut pas laisser passer la dangereuse théorie de l'ultra-anglican. Il suivit Dodwell sur son triple terrain de discussion : le Nouveau Testament, les Pères, le raisonnement philosophique et moral.

Selon Clarke (I), les passages des évangiles et des épîtres qui concernent le jugement sont d'une application universelle , comme les menaces; on ne saurait, sans arbitraire, donner au mot de j3^ri> tantôt le sens de condamnation,

(1} A ielter to M' Dodwell ; whertin ail the arguments asainil tht immoTiality of the soûl art parlicularly amtotred, etc., nouv. éd. LoDdoD, 1731. Bibl. Cousia.

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qui souvent s'impose, tantôt celui d'anéantissement. S'il y a une grande et juste différence entre ceux qui ont rejeté l'Evangile et ceux qui l'ont toujours ignoré , Dieu n'en demande pas moins à tous les hommes un certain service.

Quand saint Paul parle du corps corruptible qui à la résurrection sera incorruptible , il n'agite nullement la question de la nature de l'âme et de sa survivance relativement au corps (1).

Les Pères, toujours selon Clarke, n'ont pas été sollicités moins abusivement. Justin Martyr soutient contre certains philosophes que Dieu seul est absolument immortel , que l'immortalité des hommes n'était pas une chose nécessaire , qu'elle leur a été donnée de Dieu ; il n'est pas question, là, d'une mortalité réelle de l'âme : autant vaudrait dire que d'après ce texte Justin regardait les anges comme mortels. Tatien , lui , prouverait trop : pour lui , l'âme est dissoute avec le corps et se relève avec lui â la résurrection; non pas certaines âmes, toutes les âmes , et ce n'est pas là ce que vous soutenez, vous, Dodwell. Irénée ne croit mortel ni

(11 Ne pouvant entrer dans des détails trop étrangers au sujet de ce travail, j'indiquerai seulement les passages sur lesquels Clarke insiste : Matth., XXV. Jeao . III, 19; V. 28, 23. Aelea, XVH, 31. Rom., II, 12. Héb., IS, 27. — Justin Martjr, Diahg. ïum Tryph.; Irôaëe, t. V, c. 4 at 1!; Tertnllieu, Apol, et D«

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la <|ajx^9 ni le unifia. TertuUien, lui, fait Tâme matérielle , toutes lôs âmes ; logiquement il devrait, d*aprôs cela, les croire mortelles, mais il ne va pas à cette conséquence ; il déclare positivement rame immortelle, toutes les âmes.

Au point de vue du raisonnement , le grand argument de Clarke, qu'il a soutenu surtout contre CoUins, mais qui était toujours présent à sa pensée, c'est l'unité et la simplicité du principe pensant, opposée à la nature étendue et fragmentée de la matière : argument immortel et invincible dans tous les temps; mais de plus il reprochait à Dodwell de nuire , bien contrairement à ses intentions, à la religion et à la morale. Vous nuisez à la moralité de la vie présente des hommes, en affaiblissant les menaces de TEcriture. Et la religion chrétienne en général , vous lui faites le plus grand mal avec votre livre ; vous peinez les hommes pieux, vous réjouissez les profanes (1).

En effet , Tattaque d*un théologien ultra-anglican contre la philosophie spiritualiste était une vraie fête pour les incrédules, et l'embarras de Clarke rencontrant sur son chemin un adversaire orthodoxe était pour eux le spectacle le plus réjouissant. CoUins, qui n'était guère connu jusque-là que comme un jeune

(1) a A book, at which ail good men arô sorry, and ail proâine men rejoice. •

ami de Locke , fonda sa réputation par uu Essai sur la nature et la destination de l'âme humaine (1) dirigé contre Clarbe et perfidement flatteur pour Dodwell , en une page qu'il faut citer : « Je vous fais publiquement mes remerciements pour l'excellent discours où vous avez donné un si bel exemple de la liberté de penser , en attaquant courageusement l'immortalité naturelle de l'âme. Vous avez donné au monde un bel exemple de l'accord du zèle religieux avec la liberté de penser. Vous avez plus fait : vous avez montré que votre zèle pour la religion avait occasionné la liberté que vous aviez prise. Sous vos auspices, et pour ainsi dire à l'ombre de votre autorité, je vais exposer librement ma pensée sur le grand sujet de l'immortalité naturelle de l'âme... Quoique je ne prétende pas prouver par la raison que l'âme soit naturellement mortelle, cependant si je puis faire voir que le plus fort argument allégué en faveur de son immortalité n'est rien moins que concluant, ceux qui se fondent entièrement sur cet argument n'auront plus aucun prétexte pour se refuser à l'évidence des preuves que vous avez tirées de l'Ecriture et des premiers Pères, pour montrer que l'âme est un principe naturellement mortel. »

n de rdfne humain

iOO LB8 DÉISTM ANOULIl BT LB CmOSTlÂMIBMB.

Telle est déjà la tactique de Collins : dans tous ses écrits , philosophiques ou théologriques , il sapera une ou plusieurs bases du christianisme, en protestant de son intention fidèle de conserver Tensemble d*autant mieux. Pour le moment il mine , Tun après Tautre , les grands piliers philosophiques sur lesquels s*élève la religion du cœur et de la conscience : à savoir, Timmortalité de Tâme et la responsabilité morale. Il soutient qu*une collection de parcelles matérielles peut jouir de la faculté de penser ; et que d'ailleurs Tâme pourrait être immaté^ rielle sans être pour cela immortelle. Mais il s'empresse d'ajouter que TEvangile impose des croyances que la raison est impuissante à prouver. « Je doute , dit-il , comme philosophe , et je crois comme chrétien. » Hypocrisie évidente pour qui connaît dans son entier Tœuvre de Collins. Hypocrisie non moindre dans ses Recherches sur la liberté. Cet autre travail que les plus efft^énés démolisseurs du dix-huifième siècle ont célébré à Tégal du précédent (1) , prétend établir par Texemple des philosophes anciens , par celui de saint Paul et de Luther , que la liberté a été toujours le plus ferme appui

(1) L'athée Naigeon a mis tout au long la tradaction de cet écrit, comme celle du précédent, dans Y Encyclopédie méthodique, ce qui fait on article Cotttnt de cent dix colonnes, a^ee des âoges enthousiastes.

de l'athéisme , tandis que la fatalité et la r cessité morale ont toujours été des opiaiona religieuses.

D^à, dans ces premiers ouvrages, le style de Collins est moqueur et amer : « Je livre la question (de la création ex nihilo) à la s des savants ecclésiastiques payés pour remplir chaque année la fondation de M. Boyie... Une chose qui m'a extrêmement surpris dans M. Clarke, et dont je ne le croyais pas capable , c'est d'avoir lu dans sa Défense qu'il me soupçonnait de croire trop peu. Je n'y répondrai qu'en rendant témoignage à l'orthodoxie de M. Clarke. Je prends donc congé de lui en assurant le public qu'il ne croit ni trop ni trop peu, qu'il est parfaitement et exactement orthodoxe, et qu'il le sera toujours. »

L'objet de ces aigres compliments , M. Clarke, méritait l'antipathie des déistes , car il fut toute sa vie leur infatigable adversaire. Il leur a porté un coup sensible en les classant (1), ce qui les divisait, en les définissant, ce qui dévoilait. Peut-être même allait-il trop loin, lorsqu'il incriminait collectivement leur conduite , lorsqu'il attribuait aux désordres de leur vie les torts do leur incrédulité. C'est là un mauvais argument , qui n'a que trop souvent déparé l'apologétique.

;i) Voir riatroduction du présent travail.

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J*aime mieux Glarke lorsqu'il montre que les vrais déistes , les purs déistes , sont peu nombreux, que les autres, — et même parfois ceuxlà, — sont tout près de tomber dans Tathëisme; lorsqu'il raffermit, par sa correspondance, un gentleman campagnard dont la foi est ébranlée ; lorsqu'il maintient libéralement les droits aussi bien que les devoirs de la religion naturelle ; lorsqu'il accorde à Leibnitz (1), en partageant sa douleur, que la religion naturelle est bien ébranlée en Angleterre, mais non sans soutenir, contre les inquiétudes consciencieuses de son illustre correspondant, les services rendus à la religion par le grand Newton, son maître.

Collins ne pouvait se contenter longtemps d'attaquer la religion indirectement par la ruine des bases philosophiques. Il attaqua le christianisme lui-même dans sa Libre pensée (2). Encore un mot brillant et destiné à une grande fortune, un mot qui avait pu être pro-

(t) i coU#«Non ofpapers, which passed heiween M, Uibnitx tmd P' Clark0, Lonilon. 1717. — Trad. dans les Œuvres de Leibnitz, 4il. Jacques. Paris, 1842, t. II. p. 414 et suiv.

(2) À liiseourst of Ftee^Thinking, London, 1713. — Traduction : 1$ discours sur la libmé de penser. Londres, 1766.

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nonce déjà avec un sens analogue, mais qui, pour la première fois, faisait invasion dans la littérature , avec l'éclat et le miroitement d'un drapeau. C'est un manifeste que le livre de Collins , le manifeste d'un parti et d'un principe, et, dès qu'il a paru, on le regarde comme si redoutable que , pour rassurer les âmes inquiètes, l'apologétique chrétienne produit tout une bibliothèque de réfutations (1). Entête paraît Bentley , théologien illustre , qui avait inauguré vingt années auparavant les conférences de la fondation Boyle; il laace son Philéleuthère (2), qui dénonce, avec une verve impi-

(1) Les trois principales , après celle dt) Bentley, sont celles d'Ibbot. de Crousaz. de Whiston. BeoJMnïn Ibbot prêcha, en 1713 et 1714, seize conférences de la fondation Boyle contre CollÎDs (réanmës dans le t. IV de la collection Burnet, trad. française), très bon esprit, ouvert et libéral, opposant à la liberlë de penser en vue de ne rien croire, la liberté d'examiaer et de retenir ce qui est bon, établie par Ibbot sur de nombreux passages de l'Ecriture. l,'Examm du traité de la libtné de pmiier, par de Ctousbz, ÂmEterdatn, 1718, ouvrage utile et consciencieux, nous donne ce renseignement, confirmé par d'autrea ti^moignagea ! B Je connais des gens que cet ouvrage a troublés. J'en connais qu'il a ébranlés, et t>eut-étre y en a-t-il qu'il a plus fait que d'ébranler. " Le célèbre arien Whiston , aur un ton digne et calme, attaque presque auaai sévéreioeût que Bentley les intentions et les procddÉs do l'incrédule pou franc (lie/î. on on ononyn. pamphlet entitled : a dtscoum of Free-ThinMng, London, 1713).

(î) Philtlevlkeriu Upsiensis est le pseudonyme de Bentley; l'original est de 1713. La traduction . de l.a Clmpelle, Amsterdam, 1738, porte ce titre : L» friponnerie laîqus des prétendw

toyablo et un profond savoir, les atteintes portées par Collins à l'exactitude des textes et à la vérité des faits.

Il convient, pour avoir une idée nette de ces deux ouvrages dans Tordre d*idées qui fait Tobjot de ce travail, de mettre les principales attaques contre le christianisme en regard de la réfutation correspondante. Mais, avant de commoncor cette revue , il faut faire des réserves sur le ton do la polémique de Bentley : barbouilleur de papier, revendeur d*atbéisme, donneur do jetons pour une guinée (c'est-à-dire fausRairo ou escroc) , telles sont ses douceurs habituelles à Tadresse de Collins. Et quant à TAproté moqueuse do la discussion, voici : « Plût à Dieu, disait Collins, que Ton fît tous les ans un détachement de nos plus zélés ecclésiastiques, comme sont nos Sacheverell, nos Atterbury, nos Swift (I) , pour aller en qualité do missionnaires dans les pays étrangers!

L'emploi ne pourrait être que très agréable à des gens d'une si grande piété. Et, d'un autre côté, ces grands hommes étant partis, nous pourrions espérer de voir l'esprit de faction éteint parmi nous. » En d'autres termes , Collins demande qu'on déporte les chrétiens zélés. Bentley répond : « Si ce commerce s'établissait

esprits forts d'Angleterre, Ce Utre est une allusion à un écrit de Collias sur la friponnerie ecclésiastique.

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dans la Grande-Bretagne, je ne sais si l'auteur ne devrait pas craindre que l'on commençât par lui et par ses confrères. Peut-être le gouvernement trouverait-il utile d'embarquer toute la secte naissante pour Madagascar, parmi les singes et les magots qu'elle se fait gloire de reconnaître pour ses parents. » La discussion n'est courtoise ni d'un côté ni de l'autre ; mais cette fois Coilins n'a pas ie droit de se plaindre, car il a commencé.

Le seul bon élément que renferme son livre, et que l'on retrouve dans le discours sur les prophéties dont il sera question bientôt, c'est une certaine énergie qui semble convaincue, dans la réclamation du droit individuel d'examen. Quand Coilins veut établir ce droit sur le raisonnement, sur les préceptes de l'Ecriture, sur l'exemple des grands penseurs de tous les temps ; quand il attaque les fanatiques d'uniformité , sortes de don Quichotte , dit-il , qui prétendent opposer au mouvement dû monde je ne sais quelle chevalerie errante impossible; quand il dit que la libre pensée consiste à peser la nature de l'évidence pour ou contre une proposition , et à porter son jugement sur cette propositioû, selon la force ou la faiblesse qu'il nous paraît y avoir dans l'évidence; — je suis de son avis, et qui ne serait de son avis? Ses adversaires lui ont dit avec raison qu'il enfonçait des portes ouvertes, qu'il réclamait tout

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