‹ Les déistes anglais et le christianismeChapitre 4 sur 21 · HERBERT ET LE DÉISME AXJ DIX-SEPTIËUE SIÈCLE · texte numérisé non relu

HERBERT ET LE DÉISME AXJ DIX-SEPTIËUE SIÈCLE

que ce ne sont pas les vérités de la foi que je propose, mais celles de l'entendement. Car.

pour ce qui est de la foi, ses vérités ont leur propre lumière, dont je ne traite point ici.

J'espère que ce que je dirai ne déplaira pas aux orthodoxes ni même aux hétérodoxes :

attendu que je n'ai pas fait voir le jour à ce livre pour émouvoir des controverses , mais pour en donner la solutio'n ou, du moins, pour les abolir. »

En disant cela , le lord de Cherbury semble vouloir écarter la question et endormir le contradicteur : préoccupation d'Anglais conservateur qu'il accentua plus encore dans son écrit sur la religion du laïque. Vous portez un grand préjudice, lui a-t-on dit d'après ce qu'il raconte lui-même , à l'épiscopat et au ministère. — Pourquoi donc? répond-il. Je ne veux point supprimer la hiérarchie ni la dotation de l'Eglise d'Angleterre. D'ailleurs, ajoute-t-il avec un bon sens un peu moins terre à terre, il y aura toujours un peuple à initier aux choses sacrées, il y aura toujours lieu par conséquent de conserver le temple et la prière. Mais Herbert est un esprit trop net et trop loyal pour se complaire toujours dans ces moyens dilatoires ; il comprend qu'on est en droit de lui demander à quoi servira ce temple, à qui s'adressera cette prière? Son caractère est trop hautain pour se plier à des faux fuyants per-

pétuels. Il va faire des tentatives sérieuses pour concilier ou pour arranger ensemble , par un modus vivendiy la religion révélée et la religion naturelle ; et s'il y a encore quelque embarras dans son langage et dans sa pensée , la faute en est à la fausseté même de la situation.

Les païens avaient bien le même Dieu suprême que nous; ils connaissaient bien, quant au fond, les cinq articles de notre religion naturelle; mais ils les connaissaient noyés au milieu de toutes sortes de fables et de superstitions dues à la crédulité populaire ou à la ruse des prêtres (1). De ce mélange impur le christianisme est venu les dégager , il les a mis en pleine lumière , il a procuré l'avènement de la véritable religion. La Réforme non plus n'a pas été inutile , car la conscience et la vraie pénitence étaient négligées, et par sa prédication elle est venue réveiller des facultés endormies. — Mais alors, répondra- t-on à Herbert , la religion positive ou révélée n'est bonne qu'en tant qu'elle met en lumière les principes éter-

(l) « Eumdem Dcum summum ac nostrum a gentilibus haud secus atque a nostris cultum fuisse, testantur gravissimi doctores, hodierno die ctiam tbeologi... Quinque articulos nostros ex rellgionibus legibusque gentilium elicitos... Errrorum denique et rixarum causas iu fabulas et figmenta queedam quibus fidem adhiberi suadent sacerdotes, et in rituum gentilium ineptias, quae ex eademofficinaprodierant, rejici oportere » (De rel, gent.^ ch. 15 et fin).

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