‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 10 sur 47 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Et, fidèle aux leçons que le Pinde révère, Passe, en un tel combat, du plaisant au sévère. Vers l'arène aussitôt je m'étais élancé; Tandis que j'y courais , on m'avait dénoncé. Juste Dieu! de quel crime étais-tu donc coupable? De trahir ton pays t'aurait-on cru capable.»* Au Baskir, au Kalmouck as-tu livré l'état?

— M'aurait-on dénoncé pour ce faible attentat ?

— Au superbe étranger ta lâche idolâtrie Vendit-elle un encens... ? — J'ai chanté la Patrie, Chanté d'illustres chefs ; et de nos vieux guerriers Sur les lys renaissants replanté les lauriers.

J osai de nos exploits parler comme l'histoire : Je prononçai les mots d'Honneur et de Victoire: L'Anglais présent encor, j'invoquai Fontenoi : J'ai voulu, rappelant et Bovine, et Rocroi, Que l'on vît nos drapeaux, à la gloire fidèles, Flotter seuls dans nos champs et sur nos citadelles. Enfin , quelques secours qu'ils nous eussent prêtés , Par moi certains amis ont été mal fêtés. Ne retiennent-ils pas nos places en otages? Doit-on reconnaissance à des prêteurs sur gages ?

Mais la délation peut s'attaquer à moi ;

i8 LES DÉLATEURS.

La garde du château n'en défend pas le roi.

Aux affreuses clartés des brandon'S qu'elle attise,

On a vu l'Imposture unie à la Sottise,

Former, contre le trône , un pacte fédéral ;

Dès qu'il donne à la France un décret libéral ,

Protester que le roi n'est pas bon royaliste;

Sans respect , le coucher en tête de la liste ;

Et, comme ennemi né de tout vieux parchemin,

Le mettre en jugement au faubourg Saint-Germain.

On sait quels plaidoyers en ce lieu se prononcent.

Les délateurs entre eux fort souvent se dénoncent.

Contre le Désiré je tairai leurs arrêts.

De leurs considérant voulez- vous quelques traits?

« Il ne fait rien pour nous; c'est un roi philosophe;

« Il n'accorde ses dons qu'aux gens de cette étoffe.

« Quel pouvoir ou quel bien nous a-t-il départi ? »

— Il est roi des Français, et non pas d'un parti.

« — Il a, pour 1 avilir, doublé la chambre haute; « Tous nos droits et les siens sont perdus par sa faute. « Que n'a-t-il , en juillet , osé les ressaisir "^ " Il fallait se borner , pour Charte , au bon-plaisir. « Sa Charte le fait roi; mais nous...! Quelle faiblesse! « Et, sans le bon-plaisir , que devient sa noblesse ?

- Le bon-plaisir remplace esprit, savoir, talents,

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