‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 11 sur 47 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« Et pour tous les emplois nous rendait excellents ;

« Du rang et des honneurs grâce à lui l'on hérite :

« On sait bien que le nom ne fait pas le mérite ;

« Il fait le privilège : et c'était suffisant.

« A quoi servira-t-il d'être noble à-présent ? »

Ecoutez ce vieux comte , au sortir de la messe :

« Marquis, c'est donc ainsi qu'un roi tient sa promesse!

« Pense-t-il s'acquitter , avec de beaux semblants ?

« On m'a, pour tout bienfait, comblé de rubans blancs,

« Et de brevets du lys. La récompense est mince;

« J'en emporte avec moi pour toute ma province. »

Ces messieurs , en effet , les semaient sur vos pas ;

Et l'on en donnait même à qui n'en voulait pas.

Il fallait voir alors ces comtesses antiques ,

Ces tremblants Amadis , ces preux des temps gothiques,

Exaltant leur naissance et vantant leurs exploits,

A la cour affluer, pour briguer des emplois :

Car ils s'intéressaient , ils l'ont bien fait paraître ,

Au retour des faveurs , plus qu'au retour du maître ;

Et tels semblaient venir pour le féliciter ,

Qui n'accouraient , au fond , que pour solliciter.

Du pavillon Marsan, au pavillon de Flore,

Grotesquement vêtus , ils trottaient dès l'aurore.

Là , chérissant la Charte , ici , la détestant ;

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