DEUXIÈME PARTIE
()ueverrai-je, en entrant dans cette enceinte auguste? L'aveugle passion brigue un arrêt injuste , Un scandaleux yâc?«/7i absout un délateur; Qui révèle un forfait est calomniateur.
Qu'un docte ambitieux de révolte m'accuse j Est-il subtilités ou détours dont il n'use ? Dans l'intérêt du roi frondez la vanité, Tancez l'impertinence et la duplicité , Signalez d'un méchant la fureur impunie, C'est amour pour le Corse et pour sa tyrannie. En vain plaident Mauguin, Dupin et la raison , Soudain, tel orateur vote pour la prison. D'un ton ferme et décent que l'on se justifie; Dieu sait alors les noms dont il vous qualifie : « Qui méprise Colin , n'estime point son roi , « Et n'a, selon Cotin, ni Dieu, ni foi, ni loi. » Voulez-vous que Cotin vous dise royaliste ? Montrez-vous sur l'honneur un peu moins formaliste ; Qu'aimer votre pays cesse d'être un devoir ; Soyez le complaisant, le flatteur du pouvoir; Par l'adulation affadissez vos rimes ; Dé certains forcenés justifiez les crimes ; Et du bien et du mal approbateur constant, Applaudissez toujours, et paraissez content.
Voulez- vous de Cotin éviter les outrages,
Et qu'en les censurant, il vante vos ouvrages ?
Voulez- vous par Cotin, d'égards environné,
Etre, en termes choisis, poliment condamné?
Dans les seuls étrangers mettez votre espérance ;
A les garder long-temps encouragez la France ;
Exaltez les tyrans qui régnent par l'effroi ;
Osez nommer Louis un fantôme de roi ^
Repoussez des emplois tout homme philanthrope ,•
Réglez vos sentiments sur ceux du lord Stanhope;
ISe rêvez qu'attentat, complot, rébellion,
Et feignez de douter des crimes de Lyon.
N'insultez que la charte, on vous censure à peine:
On vous infligera la plus légère peine ,•
Et l'arrêt, contre vous à regret adopté,
Trois mois encore après n'est point exécuté. ,■''' t'^
De Cotin cependant admirez la science ;
C'est son ambition qui fait sa conscience;
Contre les écrivains Cotin s est enhardi :
Mais il ne parle pas des brigands du midi. '3
Ah! c'est trop qu'à ce point ta plainte retentisse! Est-ce à toi , dira-t-on , de juger la justice .*' Thémis à mes accents ne se méprendra pas.