‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 32 sur 47 · TROISIÈME. PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME. PARTIE

Pro honore et patrîâ.

\J u'iLS étaient doux ces jours , âge d'or de la France,

Où de dormir en paix l'on avait l'assurance;

Où l'on ne craignait pas, soupant dans sa maison.

D'aller , le lendemain , déjeûner en prison ;

Où régnaient la candeur, la politesse antique;

Où les vers occupaient plus que la politique ;

Où des ans Saint-Lambert a célébré le cours ,

Delille les jardins , et Parny les amours !

Beaux jours, que je connus à peine à mon aurore ,

Purs et libres d'erreurs , vous brillerez encore !

A l'abri d'une juste et saine liberté ,

Renaîtra des vieux temps l'aimable uibanité.

Du retour des vertus faut-il qu'on désespère ? Le fils de tel proscrit a défendu son père , Et courut aux déserts lui prêter son appui. L'innocent , condamné pour le crime d'autrui , Peut détourner encor la foudre qui s'élance, Mais il faut dénoncer; il garde le silence. Qui porta l'héroïsme à ce sublime excès ? Cessez d'être surpris , c'est un soldat français ! Chargé d'indignes fers, le guerrier qu'on opprime Se fait un champ d'honneur des bancs mêmes du crime ! Tel autre de son frère a brisé les verroux. Une épouse au supplice arracha son époux.... O femmes ! l'on vous doit plus d'un touchant exemple! Des nobles sentiments votre cœur est le temple ; Et pour nous corriger de noS honteux travers, J'attends de vos vertus bien plus que de mes vers.

Poursuivons cependant , et rentrons dans la lice ; Qui ménage un perfide en devient le complice. Trop long- temps un champ vaste au crime fut ouvert ; Je ne l'imite point, je frappe à découvert; Quelque puissant qu'il soit, contre lui je m'élance; Et je grave mon nom sur les traits que je lance. Vos efforts , criera-t-on , deviennent superflus :

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