‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 37 sur 47 · TROISIÈME partie' jS · texte numérisé non relu

TROISIÈME partie' jS

Quel roi renferme-t-il ? Un roi qui , jeune encore ,

Près d'Agnès à l'amour long-temps abandonné...

Mais il chassa l'Anglais ! La France a pardonné.

Chaque ossement ici rappelle une victoire !

Chaque urne d'un haut fait y retrace l'histoire !

De l'honneur, du devoir, ces oracles muets

Vous rediront sans cesse : « Avant tout, sois Français. •>

Le saint roi vous criera , de ce lieu funéraire :

« Tu peux aimer ton roi, sans dénoncer ton frère. »

Là , de toute vengeance ordonnant l'abandon ,

Le roi -martyr enseigne et prescrit le pardon.

Henri, dont la bonté n'eut jamais de limite,

Et qu'on cite toujours, veut sur-tout qu'on l'imite.

Il vous crie aujourd'hui comme aux jours du danger,

« Epargnons les Français , poursuivons l'étranger. »

Il s'indigne, et l'affront sur vous seuls en retombe,

Qu'un dictateur anglais commande sur sa tombe.

Pourquoi voit-on ici Turenne et Duguesclin ?

Ils ont sauvé deux fois la France à son déclin ;

Ils chassaient l'ennemi, bien loin de l'introduire.

C'est à ce tribunal que je prétends traduire

Tous ces purs qu'à sa suite un lord semble traîner.

Chaque soir chez sa grâce on les voit s'incliner !

Sur la cendre des preux c'est l'honneur vrai qui parle.

Retournez au tombeau des Philippe, des Charle !

Le lys, entre leurs mains, roseau frêle et tremblant.

Ne se suspendait pas au bout d'un ruban blanc.

Que sur un fer de lance il brille avec audace!

Qu'il s'élève à l'égal de l'aigle qu'il remplace !

Nos rois aux léopards ne l'ont jamais soumis !

Qu'il n'entre qu'en vainqueur dans les rangs ennemis :

Quand d'Harcourt arbora les couleurs étrangères ,

Il se déshérita du renom de ses pères :

Songez que Marcius n'est point encore absous

D'avoir sur Rome ingrate osé porter ses coups :

Thémistocle aurait cru sa mémoire flétrie ,

S'il eût conduit le Perse au sein de sa patrie ;

Et Camille exilé brisa , le glaive en main ,

La balance où Brennus pesait l'or du Romain.

Vantez-nous vos aïeux, mais de leur noble race

Que dans vos actions je retrouve la trace.

Quand l Anglais s approchait, ils mouraient dans Creci;

Par vos vœux appelé l'Anglais vint jusqu'ici !

Alors que sous vos pieds , en des champs de batailles ,

Vous fouliez des Français privés de funéiailles ;

Quand vous les insultiez par vos airs triomphants ,

Le roi disait, en pleurs : « Ils étaient mes enfants ! »

Il n'a point exigé qu'on vengeât son offense ;

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