‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 38 sur 47 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

De vous joindre à l'Anglais il vous fit la défense ; Vous avez malgré lui créé des factions : Il ne voulait c^vî un peuple ; et vous, deux nations , L'oppresseur qui reçoit, et l'opprimé qui paie. Qu'un ministre sans gloire à vous servir s'essaie ; Nos rois repousseront de pareils protecteurs. Les bons rois n'ont besoin que de bons serviteurs. Et , pour trancher le mot , faut-il qu'on délibère ? Sully servait Henri ; Séjan servait Tibère.

C'est un de ces fléaux qui tient à la grandeur , Et qui des plus hauts rangs avilit la splendeur , Que la nécessité d'être en butte au suffiage De gens dont le nom seul rend l'éloge un outrage. Vainement , délateur , tu voulais que l'effroi Me forçât de me joindre à ton Vive le Roi ! Connais-tu de nos cris la différence extrême ? Criant , Vive le Roi , tu dis : Vive moi-même ! Vive tel vieil abus , ou tel vieux préjugé , La place que j'espère , ou la place que j'ai ! Par mon Vive le Roi, je dis : Vive la France ! De nos succès futurs vive au moins l'espérance î Vivent nos étendards vainqueurs de l'univers ! Vivent nos pavillons dominateurs des mers !

C'est le Vive le Roi précurseur de la gloire ;

C'est le Vive le Roi qui mène à la victoire ;

C'est le Vive le Roi des Crillon, des Couci,

Des Villars , des Clermont, et des Montmorenci !

C'est celui de Bayard; c'est celui d'une belle

Fidèle au prince, à Dieu, mais à l'Anglais rebelle !

D'une Française enfin, dont le bras glorieux

Mena sacrer dans Reiras un roi victorieux !

C'est le Vive le Roi, qui, dans ma tendre enfance,

Fit tressaillir mon cœur, alors qu'un fils de France

Courait en traversant les remparts bordelais ,

V«rs Gibraltar, apprendre à combattre 1 Anglais.

Non que j'ose exiger qu'en un temps peu propice ,

Pour recouvrer la gloire, on s'ouvre un précipice;

Mais je veux qu'on en garde, en généreux Fiançais,

Une noble espérance , et de justes regrets.

Je veux qu'un souffle pur, renfermé dans notre ame

De l'amour du pays y ravive la flamnie ,

Jusqu'à l'instant marqué pour venger nos affronts ,

Sur ces libérateurs qui mutilaient nos ponts,

Dévastaient nos palais ; sur ce tyran de l'onde ,

Monopoleur armé du commerce du monde.

Le fer reparaîtra quand l'or sera donné.

Le tocsin dans nos cœurs aura long-temps sonne.

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