‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 39 sur 47 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Plus d'un Cincinnatus, enfant de la victoire, Attend, la bêche en main, le signal de la gloire. Solidaires entre eux d'efforts et de succès , Dix Français renaîtront où mourut un Français. Emule d£s vertus de l'antique Italie , Plus d'une mère encor, digne des Cornélie, D'un bras ferme elle-même armera ses enfants. Dans l'avenir, au moins, voyons-les triomphants: Les anneaux qu'Annibal à Canne eut en partage , Pourront bien être un jour reconquis dans Carthage , Et du chêne abattu les rejetons nouveaux Atteindre la hauteur de ses premiers rameaux.

O France ! ô mon pays ! terre auguste et chérie . Que tes seuls défenseurs peuvent nommer patrie ; Toi qui , dans les succès comme dans les revers , As servi tant de fois d'exemple à l'urvivers ! A mes cris, arme-toi, lève-toi toute entière ! Sois conquérante encor.... jusques à ta frontière. Le récit à nos fils en paraîtra-t-il vrai ? Qui prit Vienne et Moscou , laisse occuper Cambrai ? Quoi ! le fer ennemi brille sur vos murailles , Et vous ne sentez pas palpiter vos entrailles. Les lâches vont crier : Il n'est pas temps d'agir j

On est las de combattre. — On est las de rougir. Tu dis : La politique ; et moi je dis : La gloire. Tu redoutes l'Anglais ! Tremble devant l'histoire. Lorsque l'on peut armer deux millions de bras , On doit craindre la honte , et jamais les combats.

Marceau , Kléber , d'Esling , Montebello , d'Istrie , Ombres , qui déplorez notre gloire flétrie , Comptez sur les héros qui vous ont survécu. Leur bras fut enchaîné, mais ne fut point vaincu, v Le jour où pour jamais renaîtra la lumière , Les ossements humains blanchis sur la poussière Se joindront ranimés ! Immortel , radieux , L'homme alors renaîtra semblable , égal aux dieux. Ainsi , par ses affronts quand la France enflammée , Dans les champs de l'honneur rappellera l'armée , De ce grand corps détruit tous les membres épars Se rejoindront unis contre les léopards ; Et reprenant en main le glaive tutélaire , Sur son roc embrumé repoussant l'insulaire , De la ffloire atteindront la dernière hauteur. J'estime un conquérant moins qu'un libéi'atevir. La victoire aux Français redeviendra fidèle ; Vous nous avez rendu de Pharsale, d'Arbelle,

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