TROISIÈME PARTIE
D'Issus et de Zama les triomphes lointains. La France attend de vous des succès plus certains. Rendez-nous Marathon , Salamine , et Platée ; De retour aux combats , je vous rendrai Tyrtée. Nos vieux soldats sont morts, leurs fils sontdans nos rangs; De notre liberté devenus les garants , Ils se rappelleront, volant à sa défense, Que des cris de victoire ont bercé leur enfance , Et voudront devant nous revenir couronnés De ces mêmes lauriers sous lesquels ils sont nés.
Mais quels affreux malheurs , quels terribles présages Ont en certains quartiers attristé les visages ? Je n'entends retentir que ce cri douloureux : Hélas ! ils sont partis nos vainqueurs généreux ! Généreux! leurs bontés ont été méritoires. Le trésor, jour par jour, a noté leurs victoires. D'une gloire nouvelle ils nous font compliment : Nous les avons payés si scrupuleusement , Qu'ils veulent bien nous mettre enfin hors de tutelle. Cette ironie amère à qui s'adresse-t-elle ? Aux vainqueurs de Madrid , de Vienne , de Berlin ? Notre étendaid aussi flotta sur le Kremlin ! Maif il y fut pknté par la force des armes.
8o LES DÉLATEURS.
A l'aide des traités, à l'abri des alarmes , De Cambrai vos drapeaux ont conquis le rempart. Français , pleurons aussi leur tranquille départ ! Revenez, fiers vainqueurs! la stupeur est passée! Revenez, la Discorde est enfin terrassée ! Revenez, vous verrez réunis en faisceaux Ces glaives menaçants, ces glorieux drapeaux Qui vous ont terrassés à Jemmappe, à Marsailles, Couvrir le champ d'honneur , hérisser nos murailles , Et tous nos citoyens serrés en bataillons , Contre vous , tout armés , sortir de nos sillons.
Ils partent , cependant ; et des rois le modèle , Henri, je te revois dans un bronze fidèle ! Ainsi , gage de paix entre l'homme et les dieux , Brille, au sein de l'orage, un signe radieux. Henri ! l'orgueil du trône et l'amour de la terre , Je rapporte à tes pieds l'hommage héréditaire. J'accours me consoler en contemplant tes traits , D'avoir vu tant de rois , qui n'étaient pas Français , Commander où brilla ton noble diadème, Et loger leurs soldats jusqu'en ton Louvre même. A ton aspect , Henri , je restai confondu , De voir d un si haut rang ton peuple descendu !