Première Partie
Les rapports des habitants de Madagascar avec l'administration locale avant la création des délégations économiques ef financières
L'Histoire démontre que ce n’est pas du jour au lendemain que l’on peut accorder des droits politiques étendus aux habitants d’une colonie. En tous cas, à Madagascar les conditions requises pour permettre aux représentants de la population française et indigène de participer utilement à la gestion des affaires publiques n’ont pas été immédiatement réunies.
Après avoir opéré la pacification complète du pays, ce qui demanda plusieurs années, il fallut laisser le temps aux colons venus d'Europe de s'installer, de s’acclimater, de constituer un noyau stable lié à la colonie par des intérêts matériels et moraux suffisamment puissants. Il était indispensable encore que des relations basées sur une mutuelle confiance aient pu s’établir avec les indigènes. Pour arriver à ce résultat, il importait de révéler à la masse le sens de ses véritables intérêts en élevant progressivement son niveau de vie économique, sociale et intellectuelle, de former une élite familiarisée avec nos méthodes et apte à remplir les tâches qui lui revenaient de droit.
Aussi, avant d'étudier le régime représentatif actuel et pour en mieux comprendre certains aspects, il n’est pas inutile d'étudier les rapports de l’administration et des administrés avant la création des délégations économiques et financières, L'évolution des institutions économiques, municipales, administratives françaises et indigènes est particulièrement intéressante à suivre car elle a préparé la représentation générale des intérêts locaux auprès du chef de la
colonie.
TITRE I
La Représentation des Intérets français