CHAPITRE II
LA SECTION INDIGENE Il. — La Représentation des Intérêts indigènes
La politique indigène, suivie depuis la prise de possession de Madagascar, ne s’est pas bornée au respect des coutumes et des institutions, elle a tendu encore à faire bénéficier nos sujets des institutions réservées à l’origine aux seuls citoyens français.
Lorsque l’on décida de créer une assemblée locale, il ne fut question à aucun moment d'organiser la représentation des intérêts français sans assurer en même temps celle des intérêts indigènes.
Sans doute la discussion et le contrôle des actes de la puissance publique sont des idées étrangères aux Malgaches ; elles sont même en opposition directe avec les principes qui étaient à la base de leurs institutions politiques. Toutefois l’évolution de la mentalité indigène, la formation d’une élite familiarisée avec nos méthodes de gouvernement justifiaient l'association des Français et des Malgaches pour la gestion des affaires publiques.
Le loyalisme des Malgaches ne faisait dans l’ensemble aucun doute. Ils avaient, en grand nombre, volontairement participé pendant la guerre à la défense de la Mère Patrie. Depuis l’annexion et même dans les circonstances les plus tragiques, ils avaient su rester sourds aux appels de quelques agitateurs qui n'étaient pas tous originaires de la grande Ile.
De simples raisons d'équité justifiaient d’ailleurs cette mesuré ; les 3.700.000 indigènes ont des intérêts au moins aussi importants
que les 25.000 Français établis à Madagascar et ils supportent la plus grosse charge des impôts.
Au point de vue politique, en permettant aux indigènes d'intervenir dans le règlement des questions essentielles de gouvernement, on les amenait à partager avec nous les responsabilités du pouvoir.
L'expérience avait été faite déjà au congrès de 1920, puis aux délégations provisoires de 1921, 1922 et 1923 sans donner de mécomptes.
Le principe de la représentation indigène étant admis, il restait à en régler l'application.
On ne pouvait envisager une solution assimilatrice ; le dégré de civilisation des indigènes n'était pas suffisant pour qu’on puisse donner à l'assemblée un caractère purement politique. En accordant, d'autre part, des droits identiques aux Français et aux Malgaches, nos compatriotes auraient pu être complètement écartés de l'assemblée locale puisqu'ils ne formaient même pas le centième de la population. Au contraire, en organisant une représentation distincte des intérêts européens et indigènes, on pouvait tenir compte des différences de mentalité, de civilisation, de statuts, de besoins. En serrant de plus près la réalité, on ne risquait pas de mécontenter les parties en cause qui étaient traitées sur un pied de complète égalité. / À
La section indigène comprend 27 membres : 25 délégués élus dont un pour les Comores et deux délégués membres non fonctionnaires du conseil d'administration.
Lors de la création des délégations et jusqu’au décret de 1931, le nombre des délégués indigènes élus était égal au nombre des délégués français élus. L’effectif des deux sections ne différait que par le nombre des délégués nommés : 4 à la section française, et 2 à la section indigène. Actuellement, il y a 36 membres français, mais le nombre des représentants indigènes est toujours de 27.
Les Délégués élus
L'article 2? du décret du 7 mai 1924 a fixé les conditions du recrutement des délégués indigènes. | . Les 24 délégués titulaires élus de Madagascar et leurs suppléants
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