LA REPRESENTATION DES INTERETS ECONOMIQUES
Organisée dès les premiers jours de l’annexion, la représentation des intérêts économiques s’est rapidement développée. En peu de temps ses organes se sont multipliés sur la surface de la colonie, leur compétence s’est étendue et leurs pouvoirs ont été accrus. Petit à petit, les chambres de commerce, d'industrie et d’agriculiure sont . même parvenues à se libérer de la tutelle de l’administration pour devenir complètement indépendantes. C’est grâce à leurs institutions corporatives que les colons ont pris conscience de l’importance de leur rôle dans la vie de la colonie. Les questions d'ordre économique tiennent en effet une place de premier plan dans les préoccupations des habitants d’un pays neuf.
Aussi lorsque les colons revendiquèrent le droit de participer au gouvernement de la colonie, ce fut moins pour des motifs politiques que pour obtenir des autorités locales un concours plus actif, une aide plus efficace.
1, — Les origines de la représentation des intérêts économiques
. Un des premiers soucis du Général Galliéni après avoir pris possessions de ses fonctions à Madagascar fut d'organiser la représentation des intérêts économiques français. Il n° y avait guère alors que quelques centaines de colons installés dans la grande Ile, mais le résident supérieur estimait que, malgré une situation politique troublée, il ne fallait pas perdre de vue que la mise en valeur économique de la colonie était l’une des tâches essentielles de l'administration.
Le 6 octobre 1896, quelques jours seulement après son arrivée à Tanararive, il adressait une lettre ouverte aux colons pour les inviter à lui faire parvenir leurs vœux et leurs doléances (1).
Un mois plus tard, par un arrêté du 7 novembre 1896, il créait à Tananarive et au chef-lieu de chaque résidence les premiers organis-
(1) Galliéni : Madagascar, 1896-1905. Rapport au Ministre, p. 92.
:, LES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES 23 mes représentatifs des intérêts économiques : les chambres consultatives françaises. ie
Ces institutions, qui groupaient dans chaque circonecription administrative les chefs d’établissements agricoles, commerciaux, industriels et miniers avaient pour tâche d'éclairer les autorités locales sur les besoins de leurs différentes professions.
Le bureau de ces assemblées, nommé par le résident général à Tananarive et par les résidents dans les provinces, servait d’intermédiaire entre les colons et l’administration. Il était appelé à fournir les avis et les renseignements qui lui étaient demandés sur les faits d'ordre commercial, industriel ou agricole, et sur les moyens d’encourager le développement de la colonisation.
En 1902 le Général Galliéni, tenant compte des doléances des colons, des remarques des autorités locales et surtout de ses propres constatations, décida, pour rendre plus efficace l’action de l’administration dans la mise en valeur de la colonie, de spécialiser les organismes économiques et d’accroître leur prestige. Il abrogea l’arrêté du 7 novembre 1896 et le remplaça par deux textes datés du 26 février 1902. L'un organisait des chambres de commerce et d’industrie, l’autre des comices agricoles et une chambre d'agriculture.