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CHAPITRE III

Le développement économique et le progrès social d’une colonie sont liés à la réalisation de grands travaux destinés à faciliter les communications intérieures et extérieures, à atténuer, lorsque cela est possible, les inconvénients du milieu physique, et même à suppléer à l’insuffisance de la main-d'œuvre.

La nécessité d’un équipement économique est particulièrement pressant pour Madagascar ; seul il peut remédier à certains facteurs défavorables qui pèsent sur le développement économique de la grande Ile. De l’extérieur, la Colonie est d’un accès difficile, car les côtes sont inhospitalières et les abris naturels rares. A l’intérieur, les communications sont peu aisées en raison de la structure montagneuse de la grande Ile, qui est un véritable agglomérat de petites zônes de constitution physique, de climat, de production très différentes, isolées les unes des autres par des obstacles naturels.

Cette situation, qui nuit à la mise en valeur de Madagascar, s'aggrave au point de vue commercial du fait de la distance qui sépare la Colonie de la Métropole, et de son éloignement des grands courants maritimes.

L'hydraulique agricole, l’organisation rationnelle des transports intérieurs, les routes et chemins et fer, l'aménagement des ports et leur outillage accroîtront la production et faciliteront l'évacuation rapide des marchandises tout en obtenant une compression notable des frais généraux.

Ces mesures désirables pour les colons permettront également d'augmenter le standing de vie de l’indigène. L’amélioration des communications facilitera la tâche de l’administrateur et du médecin et permettra de multiplier les contacts entre Européens et Indigènes.

L'équipement économique de la Colonie, inutile de le dire, répond aux désirs les plus vifs de la population européenne et malgache.

L'appel de la Métropole à ses colonies pour la soutenir, non seule-

ment par l'envoi de contingents de combattants et de travailleurs, mais par l'expédition de matières premières et de produits vivriers avait confirmé, sinon révélé la richesse du sol et du sous-sol malga-

che, et le parti qu'on pouvait en tirer. Du même coup, hélas, on

constata les difficultés attachées à l'exploitation de la Colonie.

Aussi, depuis une vingtaine d'années, le gouvernement local a consacré tous ses efforts à réaliser de grands travaux pour outiller la grande Ile. L'œuvre commencée par le Gouverneur Général Garbit a été amplifiée par ses successeurs, en plein accord avec les délégations, avec des ressources plus considérables fournies par la Colomie et la Métropole.

Elle a permis d’ores et déjà de donner à Madagascar la place qui lui revenait parmi nos autres possessions d'outre-mer, tout en lui fournissant des moyens de lutter contre la crise. «

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