IV. -- Les Ports
Madagascar, comme nous l'avons déjà dit, est désavantagée au point de vue maritime par son éloignement de la métropole et du fait qu'elle se trouve en dehors des grandes routes de navigation.
A côté de ces désavantages qu'il est impossible de supprimer, il existe d’autres inconvénients auxquels on peut remédier. Deux tâches se sont ainsi imposées au gouvernement local :
1°) l'aménagement et l’outillage des ports.
20) l'équipement des côtes en phares et en feux.
Jusqu'à ces dernières années, Madagascar n'avait aucun port convenable. Seul Diégo-Suarez, qui bénéficie d'avantages naturels, avait reçu quelques aménagements de la marine de guerre, mais sa situation excentrique ne peut lui permettre de devenir un grand port marchand. Les autres ports de la grande Ile n'étaient pas équipés ; ils ne possédaient ni digues, ni jetées, ni bassins, peu de quais et des hangars insuffisants. Enfin, ce qui est plus grave encore, ils n’offraient sur la côte Est qu'une sécurité très relative. Partout les navires étaient tenus de faire de longs stationnements en raison du manque d'outillage. Comme ils ne pouvaient accoster, il fallait, pour embarquer ou débarquer les marchandises, recourir à des chalands. L'absence presque totale de magasins et de grues mécaniques multipliait les manipulations et créait des risques de perte ou de détérioration considérables. Aussi le prix de revient des produits malgaches supportait-1l le poids de frais généraux très élevés qui gênaient leur exportation. |
Les ports de Madagascar peuvent se diviser en deux catégories : les ports en eau profonde, et les ports de batelage. A la suite de travaux entrepris depuis la guerre la colonie possède, ou va posséder, trois grands ports : Tamatave sur la côte Est, Majunga sur la côte Ouest, et Diégo-Suarez au Nord, et quatre ports de batelage bien outillés : Tuléar, Manakara, Fort-Dauphin et Morondava.
Le projet Olivier de 1925 prévoyait uniquement l'amélioration des ports de Tamatave, Majunga et de Manakara. En 1928 on décida d'aménager aussi les ports de Diégo-Suarez et de Tuléar et d’entreprendre quelques travaux indispensables aux Comores, d’où une augmentation des crédits précédemment alloués. Au lieu des 20.000.000 prévus en 1925 et même des 70.000.000 du projet Sarraut,
Les TRAVAUX PUBLICS 193
on décida de consacrer 180.000.000 à l’organisation maritime de la colonie, affectés comme suit :
AA AVE) na CL Ne 110.000.000 A LE HILL ee PORTO EP Or MIEE Tu 27.000.000 Mana Kara CALENDAR 21.000.000 PUIGAT MMM RES ENS RO UR NON EE . 40.000.000 Dieg0-Suarez CR deT 10.000.000 DAV ER SMS RAR RARE RL Pen nr nn 2.000.000
L’'emprunt de 1931 a permis encore d'augmenter ces crédits. La rubrique « ports et rivières » dans la loi de 1931 comportait un crédit de 212.000.000. Celui-ci a été porté à 255.000.000 par le décret du 2 décembre 1932 mais ramené à 234.000.000 par celui du 8 mars 1936. Au 31 décembre 1936 plus de 180 millions de travaux étaient en cours.
Le principal effort a porté sur l’organisation du port de Tamatave, premier port de la côte Est qu’un cyclone avait totalement anéanti en 1927. Terminus de la ligne Tananarive côte Est, c'est le port de la capitale. <
La construction d’un mur de protection sur les récifs Hastie donne maintenant toute sécurité aux navires. Deux môles terminés fin 1934 permettent aux grands courriers d’accoster. On a construit plusieurs centaines de mètres de quais avec des terre-pleins munis de l’outillage le plus perfectionné : grues électriques, voies ferrées, hangars. Le commerce et l’industrie tirent des avantages considérables de ces nouveaux aménagements ; les frais de batelage et de manutention, les tarifs d’assurance ont baissé d’au-moins 15 %.
Le port de Majunga, qui dessert une riche hinterland est déjà très amélioré. La construction d’une vaste digue qui avance assez loin en mer évite maintenant aux bateaux de mouiller en pleine rade.
A Diégo-Suarez, les grands navires peuvent également venir à quai.
Manakara, qu’on a préféré à Mananjary comme terminus du chemin de fer du Betsiléo, constitue dès maintenant un très bon port de batelage dont le tonnage va croître rapidement ; on a déjà établi une digue, des quais et des magasins.