IV. Régime forestier
Jadis les forêts couvraient les versants orientaux et occidentaux du plateau malgache. Malheureusement, cette richesse a été terriblement diminuée par l’action combinée des feux de brousse et d’une exploitation imprévoyante. Néanmoins, il reste encore près de huit millions d'hectares de forêts et les massifs de l'Angavo et de l'Ouest ne sont encore que partiellement prospectés. Il n’y a donc pas lieu de s'étonner que le commerce des bois n’ait qu’une place très modeste dans le commerce extérieur de l'île.
Les exportations (bois d'œuvre, bois d’ébénisterie, bois odoriférants) ne dépassaient pas en 1934, 600.000 francs en valeur ; mais il faut reconnaître que la consommation locale est très importante (jusqu'à ces dernières années les chemins de fer ne marchaïent qu’au bois).
Les produits accessoires de la forêt malgache, le raphia, les écorces de palétuviers à tanin, le sisal, le paka, la cire, ont une place
autrement importante puisque la valeur des produits exportés varie entre 20 ou 50 millions, selon les années.
L'administration, dès l’annexion, se soucia de sauvegarder la forêt malgache. Depuis 1897, une série de textes ont règlementé l’exploitation forestière. Les colons, tout en reconnaissant la nécessité de protéger les peuplements, estimaient que la législation en vigueur ne tenait pas suffisamment compte des intérêts des exploitants.
En 1923, les délégations provisoires repoussèrent pour cette raison à l'unanimité un projet de décret, et émirent le vœu que le nouveau texte que préparait l'administration fût discuté au préalable par une Commission où serait représentée la colonisation. Les délégations économiques et financières dans leur première session en 1924 approuvèrent après y avoir apporté quelques changements un nouveau projet de décret. Les dispositions de cette règlementation répondirent à ces vœux, notamment en ce qui touchait les permis d’exploiter et l’octroi de concession, aux exploitants.
Malheureusement, le ministère des Colonies, dans la rédaction défi- nitive du décret forestier, du 25 janvier 1930, qui définit et caractérise les bois et produits forestiers, en règlemente l’exploitaion, détermine les droits, fixe les infractions et établit les pénalités qui les sanCtionnent, ne tint guère compte des desiderata de la colonisation. Aussi, à la session de 1930, ayant à se prononcer sur le projet d'arrêté règlant l'application du décret, les délégués insistèrent pour que fussent insérées dans ce texte les dispositions qu'ils avaient antérieurement approuvées, l’accord s’étant fait entre l’administration et l’assemblée. Finalement, le décret put être promulgué et l’arrêté qui le complète fut signé le 17 novembre par le Gouverneur Général.
Le raphia, la seule production peut-être pour laquelle Madagascar puisse exercer un monopole, se trouvait aussi sérieusement menacée par une exploitation imprévoyante. La règlementation de sa production fut assez délicate à mettre au point car il fallait concilier les exigences de la conservation des peuplements avec les légitimes intérêts du commerce. Un projet de règlementation fut longuement discuté au cours des sessions de 1931 et 1933. Les points de vue des colons et celui de l'administration ayant fini par se rapprocher, l'assemblée le ratifia.
Les délégations économiques et financières collaborèrent également avec l'administration pour mettre sur pied une règlementaton de la production du santal qui fut promulguée en 1932.