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V. — La standardisation

Les produits malgaches ont eu longtemps une assez mauvaise cote, en raison des conditions défectueuses dans lesquelles ils se présentaient sur les marchés français et étrangers. Aussi ne pouvait-on raisonnablement songer à augmenter la production locale sans se préoccuper d’en assurer l'écoulement. A maintes reprises depuis la guerre, le Gouvernement Général de Madagascar s'était efforcé d'obtenir des colons et des indigènes, une amélioration des méthodes de préparation, de classement, de présentation de leurs marchandises. Mais 1l apparut bientôt que les agriculteurs, industriels et commerçants français et indigènes ne parviendraient pas à s'imposer la discipline nécessaire pour obtenir des résultats intéressants. Le Gouverneur Général Olivier s'inspirant de ce qui avait été fait en Amérique, s’employa à organiser sous le contrôle officiel de l'administration un régime tendant à garantir la bonne qualité des produits d'exportation, un classement rigoureux des marchandises par types nettement divisés, aux caractéristiques invariables, et une présentation impeccable. Cette mesure devait encore contribuer à atténuer les effets de la crise économique qui commençait à se faire sentir. La réforme envisagée avait pour but de comprimer les charges accessoires (frais de courtage et de commission, frais d’intermédiaire) qui grèvent le prix de revient des produits et contribuent à leur mévente. En spécifiant les produits de cru, on pourrait arriver à des transactions directes entre exportateurs d'une part, industriels et grossistes, d’autre part. Petit à petit, le commerce d'exportation de Madagascar arriverait même à se créer une clientèle permanente, habituée à ses produits et ne les abandonnant pas à la première fluctuation de prix.

Les délégations économiques et financières furent saisies en 1927 de l’avant-projet instituant la standardisation. Le problème étant très complexe, elles désignèrent une commission pour en poursuivre l’étude. Les conclusions furent examinées à la session suivante, et .après une discussion très poussée, le projet de standardisation fut l’objet d'un avis favorable. La réforme fut consacrée par le décret du 13 juin 1929 qui ne fut promulgué que le 6 novembre 1930, car le gouvernement local avait tenu à régler auparavant les détails d’organisation du système qui furent publiés dans un arrêté du même jour.

D’après ces textes, aucun produit ne peut être mis en circulation ou en vente dans la colonie sous une des dénominations prévues dans des

tableaux qui leur sont annexés, s’il ne réunit pas les caractéristiques correspondant à la dénomination.

Pour assurer l’application de la standardisation, on créa des offices de standardisation dont la gestion fut confiée aux chambres de commerce sous le contrôle de l'administration. Un office central installé à Tananarive coordonne ieur action. Un personnel d'experts assermentés assure la vérification des produits. Les dépenses incombent aux chambres de commerce, qui reçoivent en compensation une taxe de vérification. Les opérations de vérification qui sont faites dans les ports donnent lieu à la délivrance de certificats de conformité, ou à des interdictions de sortie, Les infractions à la règlementation en vigueur sont sanctionnées par des amendes.

L'arrêté du 6 novembre 1930 a donné une liste de produits susceptbles d’être standardisés en indiquant leurs types, caractéristiques, définitions et conditions d'emballages obligatoires. Toutefois, il spécifie que pour chacun de ces produits des décisions particulières inter: viendront pour en fixer l’application.

Un arrêté du 11 février 1931 standardisa les produits suivants : riz, maïs, café, cuirs, peaux, saindoux et pois du Cap.

L'application pour la vanille en a été plus délicate ; les planteurs eurent quelque peu de mal à se mettre d'accord, mais le projet d’arrêté soumis aux délégations en 1932 fut mis en vigueur par un arrêté du 19 novembre 1932. Par contre, pour le raphia, le girofle, le graphite, l'opportunité de la standardisation est encore discutée.

Cette discipline de l'exportation a donné des résultats encourageants. Il est certain qu’elle a permis de remédier à la dévalorisation entraînée par la crise, et qu'elle a fait disparaître le discrédit qui gênait l'écoulement de nombreux produits de la colonie.

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