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L'HYGIENE ET LA SANTE PUBLIQUE

A Madagascar, l'excédent du nombre des naissances sur les décès est, depuis la guerre, peu élevé puisqu'il ne dépasse pas le chiffre de 3.000 par an.

Le taux de la natalité, suffisant sur les hauts plateaux, est très bas dans certaines régions côtières de l'Ouest et du Sud-Est. Ceux de la mortalité et de la mortalité infantile sont partout très élevés ; ce dernier atteindrait même 30 % dans la province de Tamatave. Cette situation est déterminée par le mauvais état de santé des parents, la sous-alimentation et le manque d'hygiène.

En effet, malgré cette sélection sévère, la condition physique des adultes est en général très médiocre. Héréditairement tarés, trop souvent mal nourris, mal logés, mal vêtus et affaiblis par l’alcoolisme, léur organisme est une proie facile pour les nombreuses maladies contagieuses qui sévissent à Madagascar, tels que la tuberculose, le paludisme, la lèpre, la syphilis ou les grandes épidémies périodiques de peste et de variole.

Dès l'annexion, l'administration française a entrepris la lutte contre les différents fléaux qui déciment la population de la grande Île. Grâce au général Galliéni, créateur de l'assistance médicale indigène, elle a été l’une des premières colonies où fut scientifiquement organisée la lutte pour la protection de la santé.

Depuis une douzaine d'années les efforts faits par la colonie en cette matière ont redoublé. Il a paru au gouvernement local comme aux habitants que la période de prospérité qui permettait d’équiper la colonie avec un outillage économique moderne, devait également servir à intensifier la lutte pour la protection de la santé publique. Après tout, « en faisant du Malgache » on contribuait encore à hâter la mise en valeur de la grande Ile. Le fait que le budget de l’assistance médicale indigène ait plus que doublé de 1924 à 1932, suffirait

à marquer la volonté de ne pas lésiner en cette matière. Les délégués indigènes ont eux-mêmes réclamé en 1925 l’augmentation de la taxe d'assistance médicale car, à Madagascar, contrairement à ce qui se passe dans beaucoup d'autres colonies, nos sujets ont compris dans l’ensemble la supériorité des méthodes européennes sur les pratiques

plus ou moins magiques des sorciers. Dans les différents programmes

de travaux publics on a toujours accordé des crédits pour l’assainissement du pays ou à l’assistance médicale, et la loi du 22 février 1931 a prévu un crédit spécial de 35.000.000.

Sans doute en toutes ces matières les délégations ne se sont pas signalées par des initiatives marquantes, mais elles ont veillé"e à l’exécution des programmes de l’administration.

La lutte entreprise pour combattre et prévenir la maladie comprend d'abord des travaux d’assainissement et d'équipement médical ou hygiénique, la réorganisation de la police et des services sanitaires.

D'importants crédits ont été utilisés pour l’assainissement des centres de peuplement. Pour limiter les atteintes du paludisme, on s’est employé à poursuivre activement le drainage des eaux stagnantes, le faucardement des cours d’eau, la destruction des larves d’anophèles en même temps que l’on interdisait l'établissement de rizières à proximité des centres d'habitation. D'autre part l’adduction d'eaux potables, la construction d’égoûts, la dératisation, la création de services de désinfection permettent maintenant de protéger les populations urbaines contre les maladies épidémiques.

Pour lutter plus directement encore contre la maladie, on s'est employé depuis la guerre à créer et à développer les établissements scientifiques et à instituer des services de médecine et d'hygiène.

L'Institut Pasteur créé en 1900 par Galliéni pour combattre la rage et la variole a été réorganisé en 1927. Sous la direction de l'Institut Pasteur de Paris, il est chargé de faire toutes recherches ou travaux qui lui seront demandés pour la santé publique dans la colonie. Il a entrepris la lutte contre la tuberculose par la vaccination avec le B.CG.G. et contre la peste par l'emploi du sérum antipesteux. Grâce aux crédits prévus dans les différents programmes d'outillage économique et social, on a pu agrandir ses locaux et perfectionner l'équipement de ses laboratoires.

Le service antipaludique créé en 1921 a été réorganisé en 1924 et en 1927. Ses moyens d’action ont été accrus et un dispensaire fonc-

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