Voir supra
trôleurs de la main-d'œuvre, les résistances plus ou moins grandes des milieux patronaux et ouvriers, l’action très souvent perturbatrice des délégués furent les principales causes de cet état de choses.
Dans les établissements où il en fut institué, les délégués ouvriers furent souvent acceptés par seule déférence pour le désir exprimé par le Ministre. Considérée comme n'étant pas viable et même comme nuisible, l'institution disparut parfois dès sa création et lorsqu'elle subsista pendant la durée des hostilités elle fut loin de remplir toujours et partout le rôle qui lui avait été assigné.
Dans la région Parisienne, la plupart des Établissements très importants instituèrent des délégués ouvriers ou tout au moins les tolérèrent. Les suggestions du ministre de l’Armement furent également à peu près suivies, au moins par les établissements importants, dans les départements suivants : Allier, Ariège, Belfort, Bouches-du-Rhône, Côte-d'Or, Charente, Charente- Inférieure, Doubs, Eure, Haute-Saône, Haute-Marne, Haute- Garonne, Indre, Isère, Jura, Loire-Inférieure, Manche, Meurtheet-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Rhône, Saône-et-Loire, Seine- Inférieure, Savoie, Var, Vosges !.
Au contraire, les instructions du ministre de l’Armement furent méconnues, ignorées, ou négligées dans les autres départements.
En résumé, 347 établissements instituèrent des délégués ouvriers au cours de la guerre. Presque tous appartenaient aux industries travaillant pour la Défense Nationale ; 32 seulement y étaient étrangers.
Ces derniers étaient principalement des succursales de cer-
1. Voir dans l’annexe 1 le règlement adopté par les plus importants établissements de la région parisienne, ayant travaillé aux fabrications de
guerre.
tains établissements de crédit de la région de Calais, ou des ‘ateliers de couture de la région normande.
Au reste, ces diverses délégations n’eurent aucune activité et la plupart disparurent avec la guerre.
Quant aux 315 établissements travaillant pour la Défense Nationale, 290 appartenaient aux industries des métaux, 14 aux industries chimiques, 11 aux autres industries.
Les délégués ouvriers étaient beaucoup plus rares dans les petites entreprises que dans les moyens et grands établissements.
Parmi les établissements où le personnel ne dépassait pas 50 travailleurs, on en relevait seulement sept où la création des délégués eût été notée. Pour l’ensemble des établissements n'ayant pas plus de 100 ouvriers, les délégations n’étaient encore qu’au nombre de 40.
Par contre, il y avait 272 délégations pour les établissements occupant plus de 100 personnes ; 153 dans les établissements comptant de 101 à 500 ouvriers ; 61 dans ceux occupant de 501 à 1.000 travailleurs, et 58 dans ceux ayant un personnel supérieur à 1.000 salariés.
Cette institution était appelée à disparaître ou presque après la guerre. En 1921, la proportion des délégations était à peine de 17/6€ de'celles créées pendant les hostilités ; il n’en restait que 52 sur 3471, Dans 183 cas, on à pu déterminer la date des suppressions : 12 pendant la guerre même, 999 dès l’Armistice, 36 en 1919, 30 en 1920, 6 en 1921. Dans quelques usines, sans être formellement supprimées, les délégations ne manifestaient plus aucune activité.
Les raisons de cette disparition sont variables.