PREMIÈRE PARTIE
Les relations entre patrons et ouvriers sont devenues très rares dans les grandes usines modernes. Les ouvriers ne connaissent pas leur patron. Ils ne voient en lui très souvent qu’un individu inutile, vivant des bénéfices procurés par leur travail.
Les petits malentendus quotidiens prennent très vite, dans ces conditions, la forme de conflits graves.
Or, de nombreuses revendications sont justifiées ; la condition des travailleurs à besoin d’amélioration.
La Direction, trop éloignée des usines, surchargée de besogne, ne connaît pas ces revendications, ou les juge inacceptables par principe. Le conflit éclate. Une procédure de conciliation et d'arbitrage à pu être prévue. On y a recours. Comme chaque partie ne veut pas céder à l’autre, le résultat est insignifiant.
Il est en effet trop tard pour s'entendre.
Aussi a-t-on eu l’idée de créer un organisme permanent de conciliation dont le rôle consisterait à prévenir les conflits entre le Capital et le Travail. Il tiendrait la Direction au courant de toutes les difficultés prêtes à surgir dans l’usine ; il représenterait le personnel ouvrier, le conseillerait et veillerait à la stricte application des lois protectrices du travail.
De là sont nés les délégués ouvriers.
Nous nous proposons d'étudier cette institution dans trois chapitres. | À
Dans le premier chapitre, nous verrons le rôle des particuliers dans l’établissement de ces délégués.
Dans le second chapitre nous verrons l'intervention du législateur.
Le troisième chapitre sera réservé à la critique de Pinstitution.