V.. La. Bataille, 27 janvier
2. V. Bulletin du ministère du Travail, n°8 janv.-fév.-mars 1917.
rance où se trouvent les intéressés de leur situation réciproque. »
Quelques semaines plus tard, le 17 mars, une nouvelle circulaire constatait tous les avantages que le monde industriel avait retirés, au cours des pourparlers relatifs à l’élaboration des bordereaux de salaires, de la présence, dans ces tractations, de délégués ayant la confiance de leurs camarades et se tenant en relations régulières avec leurs employeurs. C’est la conciliation en permanence !.
Aussi le Ministre terminait-il en engageant les industriels à créer ces délégués et en invitant les contrôleurs à se mettre en rapport avec eux pour provoquer l'exécution de ce vœu.
L’idée fut accueillie avec empressement par les ouvriers et là même où les patrons se récusaient, ils nommèrent spontanément des délégués ?. Les patrons alors se décidèrent à élaborer un règlement-type. La Maison Renault en prit l’initiative ; ce règlement rallia toutes les usines de la région de la Seine et fut adopté presque sans changement par le Comité d’Arbitrage de la Seine. Maïs une vive protestation s’éleva dans les milieux ouvriers qui n’acceptaient pas les clauses du Règlement visant l’ancienneté exigée pour être électeur (un an de présence dans la maison), et pour être éligible (trois ans de présence).
Cette résistance s’expliquait en raison des conditions du travail pendant la guerre : beaucoup d’ouvriers n’étaient entrés dans les usines où l'institution allait se former que depuis la guerre. Beaucoup d’autres avaient subi de fréquentes mutations : le corps électoral et le choix des électeurs allaient donc se trouver notablement restreints. Bref, la protestation était si forte qu’on pouvait redouter un conflit.