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vagues. Quand elle se lève je suis mieux, quand elle se remet en place, je suis serrée, A un moment elle a été malade et elle a perdu sa peau. C’est alors que j'ai su ce que j'avais. J’en ai rendu des morceaux, j'en ai parlé aux voisins et j'ai porté les peaux à un pharmacien qui a voulu me donner la potion du ver solitaire, mais je n'ai pas voulu la prendre parce que c'était trop fort et parce que j'avais peur que le serpent meure en moi, pourrisse et ne me fasse mourir en m'empoisonnant. Quand elle rend ses peaux, il faut que je la purge tout le temps, ça la raplatit ; elle repousse quand je ne la purge plus. Quand elle a été malade, je l’ai été aussi. J'étais pleine de vers, de petits microbes. J'étais
de la couleur de la bête. Elle rendait des miasmes. J’en avais | plein les yeux, plein la bouche et j'étais obligée pour les enlever de me râcler la langue. D'abord, voilà les peaux que j'ai rendues. C'est de la peau de couleuvre qui est partie par la voie basse à la suite d’une forte purgation. Les peaux étaient toutes vertes, de la couleur du serpent. Je les ai mises sur du papier, parce que dans l’eau cela les fait dissoudre. Voici la première que j'ai rendue il y a deux ans. Il y avait aussi comme des lambeaux de chair (Et la malade en effet apporte sur du papier-buvard toute une série de débris noirâtres couleur chocolat qui semblent bien être des peaux d’entérite muco-membraneuse. Elle les fait examiner avec une loupe qu’elle apporte avec elle et qu'elle sort de sa poche. Parmi ces débris il est une pièce fort curieuse qui n’est autre qu’une feuille morte, grande comme une feuille de tilleul et dont on voit très nettement les nervures à l’œil et à la loupe).
En ce moment-ci la couleuvre n’est pas à son affaire. J’ai toujours froid dans mon ventre parce que la bête est enlacée dans moi. Élle ne me fait pas mal, mal, mal, mais elle me tourmente ; d’une seconde elle n'arrête pas, elle..... (etla malade n’achève pas sa phrase, mais exprime sa pensée en se grattant la paume de la main gauche avec les doigts de la main droite).
Le jour où on me la sortira ce sera un beau jour pour moi. »
On ordonne alors à la malade le traitement suivant :
x Valérianate de zinc ..... : 0,05 centigr.
Extrait de quinquina..... 0,10 centigr. Pour une pilule n° 15.
Prendre une pilule tous les soirs.
La malade revient dix jours après ; le résultat n’a pas été très satisfaisant.
« J'en ai pris 7 pilules, cela m'a un peu adoucie, dit-elle. Elle n’est pas tout à fait aussi vigoureuse, mais quand il est l'heure de déjeûner, elle sait bien se mettre à table. Cela l’a un peu indisposée et c’est moi qui en souffre. »
Au cours de tout ce récit la malade a des gestes et des jeux de physionomie. Elle se gratte le bas du dos, se prend la région ombilicale ; elle a des sursauts dans tout le corps et par instants des sursauts par tout le ventre.
Pendant les explications données devant elle sur son cas, cle approuve, dit oui, mais oui, c'est bien cela. Elle répond oui quand on dit qu’elle est une débile mentale, On voit qu’elle comprend et saisit tout ce qui a trait à sa bête, mais ses affirmations prouvent sa déchéance intellectuelle et la non- Comprénen as des explications techniques.
Vers la fin de juin, examen clinique de la malade,
Aspect général: obésité, quelques petits nœvi et quelques petites telangiectasies capillaires aux jambes et aux cuisses ; teinte subictérique des sclérotiques et du frein dela langue,
La paroi abdominale est presque mobile, remuant comme de Îa pâte très molle, On peut saisir à pleine main cette paroi adipeuse qui forme un gros bourrelet. En faisant mettre la malade dans la position génu-pectorale, cette paroi pend et semble former trois gros étages, mais les muscles abdominaux sont en bon état et se contractent énergiquement, pas d’éventration. |
La palpation de l'abdomen n’est pas douloureuse : « Elle est là, ça ne me fait pas trop de mal quand on appuie dessus ». Cependant, il paraît exister un peu de sensibilité au niveau de la fosse iliaque droite.
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On ne perçoit pas le côlon ascendant et le côlon transverse ; au contraire, on arrive à sentir le côlon descendant.
Rien au cœur, rien aux poumons. $
Le foie est normal. Pas de rein flottant. On ne sent pas la rate. L’estomac est peu ou pas dilaté : pas de sucussion, ni de clapotage.
Rien au toucher vaginal.
Réflexe rotulien un peu saccadé des deux côtés, réflexe pharyngien conservé, mais un peu diminué.
Pas de Babinski.
Sensibilité normale égale des deux côtés, aussi bien en ce qui concerne la sensibilité tactile que la sensibilité à la douleur et à la chaleur.
Réactions pupillaires normales. Un peu de strabisme convergeant plus accentué à droite qu’à gauche.
Enfin la malade est revue quelques jours après cet examen. Elle est désolée. «Elle me tourmente, dit-elle, en parlant de la bête, elle me fera mourir,-la voilà qui commence à me ronger le cœur. Oh! je voudrais bien qu'elle soit partie. Elle m'a tourmentée tous ces temps-ci. Je voudrais bien qu'on l'enlève. ». |
On décide alors de faire un simulacre d’extirpation par la voie vaginale. La malade revient à la Rochefoucauld le 7 juillet.
« Ça ne va pas mieux. Chez une amie, j'avais fatigué ! Quand je suis rentrée chez moi j'ai payé cela. Elle m'a taquinée! Tous ces jours-ci je me suis frictionnée avec des choses au menthol, à l’alcool, à l’essence de térébenthine. Ça me chatouille dans le dos; elle me mord ici (hypocondre gauche). Quand je suis couchée sur le dos elle me fait mal au ventre; quand je suis couchée sur le côté, elle me fait mal à l’autre côté. »
Extirpation simulée.
On veut faire un simulacre d’anesthésie à l’éther : défense de la malade.
On cesse l’anesthésie.
Toucher vaginal prolongé combiné à un palper abdominal assez
violent « pour faire descendre la bête vers la matrice ». On place
0) ee
une couleuvre vivante entre les jambes de la malade. Etonnement, pleurs, etc. :
Application d’un spéculum pour terminer et voir s'il « ne reste rien ». Au bout de quelques instants la malade dit: «Je sens encore des battements, c’est bien malheureux pour moi ».
Puis la malade se remet de son émotion et examine la bête. «Ça n''étonne, dit-elle, qu'on ne voit pas ousqu'elle se déchirait les lambeaux que j'ai apportés. Où que vous allez la mettre. Je voudrais bien vous la laisser, mais je veux Ja garder pour la montrer à des gens qui ne me croyaient pas. Enfin, la malade abandonne sa couleuvre : «On va vous lalaisser, Madame la Surveillante, et vous ferez venir des témoins ». La malade part en remerciant : « Si j'étais riche, je ne vous donnerais pas seulement une médaille d’or, mais si j'avais une fortune on partagerait. ‘Oh, Monsieur, je pense toujours à mon mari, mais je vous mets à côté de lui. »
(La malade est revue quelque temps après : le délire à repart).
Observation IV. — Ch. Mirazrié, Gaz. méd. de Nantes, .(26 nov. 1904)
Délire de possession par les reptiles. Entérocolite mucomembraneuse.
Me X., 53 ans. Veuve depuis de longues années, mère de famille (quatre enfants), ayant passé la ménopause depuis cinq à six ans; elle eut des relations avec un amoureux (mai 1899), elle perçut dans l'abdomen des sensations qui lui rappelérent les grossesses anciennes et se crut enceinte. Élleattendit, puis finit par s'inquiéter. Puisqu’elle n’était pas enceinte, que pouvait-elle donc avoir ainsi dans le ventre ? Elle se rappela alors que dans sa jeunesse on lui avait raconté qu'une femme du petit village de Vendée qu’elle habite avait accouché d’un crocodile. fmmédiatement, l’idée lui vint qu’elle aussi portait un crocodile dans le ventre et qu’elle était en-