‹ Les Délires de Zoopathie interneChapitre 21 sur 35 · LT PAT · texte numérisé non relu

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corps, on les a introduits dans sa bouche pendant son sommeil et « quelque chose le lui a dit dans sa tête ».

La malade de l’obs. IV n’a pas vu le crocodile dont elle est enceinte, il lui a été introduit par le coït.

Personne ne peut s'expliquer la présence d’un serpent dans le ventre de la malade de M. Lemaire (Obs. VI). Le paysan de Bechterew (Obs. IX) a senti un serpent se glisser dans sa gorge ; la paysanne de l'observation X a constaté qu'un serpent avait pénétré dans son estomac pendant son sommeil. Bien mieux, le troisième cas de. Bechterew (Obs. XII) amène un paysan qui, toujours pendant son sommeil, sentit un serpent pénétrer dans sa gorge ; il se réveille tout épouvanté, cherche des yeux les motifs de cette sensation bizarre et découvre la queue du serpent qu'il ne peut d’ailleurs arrêter.

Y eut-ilalors une illusion provoquée par un brin d'herbe ou par tout autre cause ? Toujours est-il que le trouble visuel ne s’accentua pas et disparut aussitôt.

Lucie M. (Obs. XIT) a bien vu des araignées (?) à la surface d’une fontaine où elle buvait, mais cela plusieurs mois avant le début de son délire et il est bien possible qu'il y ait eu réellement des « araignées d’eau » à la surface de cette fontaine.

Le malade de Bonet (Obs. VID craignait d’avoir avalé avec de l’eau de la semence de grenouille.

L'hallucination, si hallucination il ya, se montre encore avec son caractère d’imprécision dans l’observation déjà citée où une paysanne aperçoit, après avoir bu, une patte de grenouille à l’intérieur d’un tuyau dont l’eau coule continuellement.

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Le mégalomane de l’observation XX écrit lui-même : «il eut l’idée de me mettre un petit lézard dans la fourniture de literie, ce petit animal s’introduisit la nuit, pendant mon sommeil, dans mon individu ».

Nous rechercherons maintenant quels sont les animaux que lon rencontre dans les zoopathies internes et nous essaierons de nous rendre compte s'ils ont un mode de pénétration particulière, et dans quels organes ils siègent.

Peut-être trouverons-nous dans ces notions quelque indication au sujet de la nature des hallucinations qui engendrent ces croyances. |

Constatons, en premier lieu, que lorsque nous avons affaire à une simple idée délirante de possession animale survenue à titre épisodique dans un complexus morbide il n’estaucun animal qui n’ait droit de cité dans cette arche de Noé qu'est alors le corps humain.

Le lypémaniaque de notre observation XVL est bien un type de ces systématisations dévergondées, multiples, écrasantes d’absurdité, de sensations diverses dans des cerveaux en état démentiel.

Ce malade a perçu dans son corps des serpents, des chats, des chiens, des grenouilles, des couleuvres, des éléphants, des chevaux et le caractère explicatif de son expression « tous petits liliputiens » est vraiment délicieux.

Nous sommes portés à conclure de ce cas et de beaucoup d’autres que la multiplicité variée des animaux, objets de la possession, est l’indice d’une déchéance intellectuelle des plus accentuées, de l'impossibilité pour le cerveau de coordonner dans un même système et malgré

sa tendance primordiale, des sensations différentes, et

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qu’elle est la marque de la faiblesse de son pouvoir abstracteur et de la perte la plus absolue de tout sens critique, ; Au

Au contraire, dans ces délires, que l’on peut par leur spécialisation appeler délires de possession, l’unité de possession est la règle, la multiplicité l’exception. Les observations-type, telles que celles de MM. Dupréet Lévi, de M. Lemaire (Obs. IIT), nous montrent bien des sujets qui rapportent toutes leurs sensations à une même variété animale. Même remarque au sujet du cas de M. Mirallié, concernant la possession par un crocodile, des trois cas de Bechterew qui se rapportent chacun à un serpent, du cas de M. Charcellay (possession par des araignées), et en définitive au sujet de tous les cas où l’esprit n’est pas frappé de la déchéance la plus accentuée.

Pour compléter la nomenclature des animaux rencontrés dans ces délires, citons, les rats, les renards, les cogs, les oiseaux, les tœnias, les salamandres, les mulets, les singes, sans oublier le Ver rongeur de l'Écriture. Cette dernière conception, des plus intéressantes, témoigne chez un débile de l'impossibilité où il est de dégager le symbole de son expression verbale,

Nous avons rencontré deux fois cette conception (Obs. XVII) et (Obs. XXII), .de Krafft-Ebing. Dans les deux cas il s'agissait de mélancoliques à débilité mentale notoire, à préoccupations mystiques. M. Séglas, de son côté, en cite trois cas (1). Mais il est curieux de noter la

marche contraire des deux conceptions : le malade de

(1} SÉGLAS. Leçons cliniques sur les maladies mentales.

DO LONOR

Krafft-Ebing, plein d'idées de culpabilité et possédé démoniaque, s’est confessé en état d’indignité, il a donc volé le ciel ; les remords l’atteignent et ses sensations persistant, cette préoccupation du remords remplit le champ de Sa conscience. Les sensations animales sont si précises qu'il ne peut s’agir pour lui que d’un animal : le ver du remords, mélange tragique de réalité concrète et de mysücisme. Evolution en sens différent chez notre malade observé avec M. Vallet : ce n’est plus un ver mÿystique qui prend corps, c’est un ver qui se dépouille de sa réalité concrète pour revêtir une réalité de symbole perceptible à la sensation. Ce malade avait depuis longtemps un ver dans la tête lorsqu'une lecture lui révéla qu’il s’agissait du Ver de l'Écriture sainte. À certains moments d’ailleurs, il n’est pas ‘très fixé sur la nature réelle ou spirituelle de son parasite : il varie suivant ses lectures et les tendances plus ou moins mystiques de son esprit. Cependant l’idée d’indignité commence à se montrer et V... ne peut plus prier pour faire disparaître son ver, car, dit-il, « le cœur n’y est plus, ce serait un monologue. »

Le symbole du ver rongeur par son caractère d'explication supérieure devait évidemmentséduire les débiles mystiques.

A rapprocher de ces cas où le malade jongle avec l’homonymie des mots le cas rapporté par Esquirol(Ob. XVIIT), concernant une jeune fille de dix-huit ans, qui percevait : aussi un ver dans sa tête mais qui était atteinte en même temps de la phobie du vert-de-gris.

Nous constaterons, dès maintenant, que les reptiles sont les animaux le plus souvent représentés et particulière-

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