DIEU LE PÈRE ENTRE DEUX ANGES
Musée du Dôme.
du Dôme ; mais, surtout, on retrouvera la même figure grave un peu rude, avec les mêmes paupières saillantes, la même arcade sourcilière proéminente, le même nez fort, dans les Évangélistes de la Chapelle Pazzi.
Ce qui fait hésiter quelques critiques sur l’attribution de cette oeuvre à Luca, c’est précisément ce style nerveux et un peu âpre, que l’on a très justement rapproché du style de Baldovinetti.1
C’est, on le voit, la même discussion et les mêmes arguments que pour les Évangélistes de la Chapelle Pazzi. Nous sommes en présence de deux œuvres de la même famille. Et, comme par des voies différentes, nous avons trouvé, sinon des preuves positives, du moins des arguments vraisemblables, pour attribuer les Évangélistes à Luca, les traits communs que nous remarquons entre les deux œuvres deviennent un argument de plus qui vient renforcer notre hypothèse.
Je conclus en disant que le Tympan de l’Œuvre du Dôme est de Luca et que, uni à la Crucifixion de l’Impruneta, aux Évangélistes de la Chapelle San Giobbe et aux Évangélistes de la Chapelle Pazzi, il représente le style des dernières années de sa vie. 2
Nous ne possédons plus toutes les œuvres de Luca. Yasari en cite un certain nombre qui sont perdues. Ce sont, par exemple, un Tombeau en marbre pour
1 Cavallucci et Molinier, op. cit., et Catalogue du Musée de l’Œuvre du Dôme.
2 Le motif créé par Luca a été conservé longtemps dans son atelier, avec la même forme générale, mais avec un caractère moins énergique et des expressions plus douces. Nous le retrouvons notamment dans la Madone de la Cintola de la Yerna, dans le Tabernacle des Saints Apôtres et dans le Retable de Gallicano.
ŒUVRES DE LUCA
l’Infant, frère du Duc de Calabre, et divers bas-reliefs en marbre ou en émail envoyés au roi d’Espagne. Le plus important travail qui ait été perdu est la décoration du Cabinet de Pierre de Médicis. Voici ce que dit Vasari à ce sujet : « Pierre de Médicis, qui fut un des premiers à commander à Luca des travaux en terre émaillée, lui fit faire toute la voûte en demirelief d’un Cabinet de travail dans le palais construit par son père, avec de nombreuses fantaisies et un pavé de même manière. » Le Palais de Cosme de Médicis avait été construit par Michelozzo et c’est là un nouveau témoignage des longues et excellentes relations qui ne cessèrent d’exister entre Luca et Michelozzo.
De ce travail il ne subsiste rien. Au Musée de Londres toutefois on expose douze médaillons, représentant les Mois, que l’on considère comme ayant fait partie de cette décoration. Ces médaillons sont fort intéressants et on peut les considérer comme une œuvre faite par un artiste italien, dans la seconde moitié du XVe siècle. Mais, pour les attribuer à Luca, il faudrait pouvoir montrer qu’ils ont des points communs avec quelque œuvre connue de ce maître ; or cela est impossible. Car non seulement les figures très allongées, les draperies sommairement traitées, les traits anguleux, les détails réalistes des costumes, ne sont pas