VIERGE D’OR SAN MICHELE
Armoiries des Médecins.
On remarquera qu’ici Luca ne représente pas simplement une Madone, mais les Armoiries de l’Art des Médecins, et cela explique l’ordonnance du motif. L’Art des Médecins avait, pour Armoiries, la Vierge assise sous un tabernacle se détachant sur un fond d’azur orné de tiges de lis.
Que faut-ii penser de la Madone de San Pierino ? C/est une Vierge assez différente de celles que nous avons étudiées jusqu’ici. Comme à Urbino, elle est faite pour décorer un tympan ; mais les différences sont grandes. L’œuvre est moins solennelle, le sentiment de l’élégance est prédominant, dans un style très caractérisé. Les Anges qui entourent la Vierge font songer aux Anges du Monument Federighi et le petit enfant Jésus, aux cheveux bouclés, ressemble à l’enfant d’Or San Michèle. Nous sommes loin du style de la Cantoria et du Tabernacle de Peretola, et je n’hésite pas à considérer cette œuvre comme appartenant à une date voisine de la Vierge d’Or San Michèle et connue représentant un art plus élevé encore. C’est tout ce que l’art de Luca a de plus parfait au point de vue de la beauté et de la finesse des formes. Le sentiment en est admirable. L’enfant bénit et la Vierge regarde devant elle avec une profonde expression, où sont unis, dans la forme la plus rare, les sentiments de l’amour et des inquiétudes maternelles.
La Madone de la Via dell’Agnolo est la plus difficile à dater de toutes les Madones de Luca. Comme elle surmonte une porte, sur laquelle, au dire de M. Bode, sont gravées les initiales du pape Martin V, mort en 1481, on la classe ordinairement avant cette date. Que l’on tire quelque argument de l’inscription des initiales du pape Martin V, cela se comprend, mais on sent bien qu’il n’y a là qu’une hypothèse très fragile, à peine une présomption, et que, dans le cas actuel, cet argument doit disparaître complètement devant des raisons tirées du style de l’œuvre.
FLORENCE — Palais du Podestà (Jadis à l’Église de S. Pierino)
Luca della Robbia
est différente par l’idée et par l’exécution, et elle appartient à cet art plus fin qui sera représenté à son plus haut degré de perfection par les Vertus de San Miniat.o, et les Vierges d'Or San Michèle et de San Pierino.
J’ajouterai que la Madone de la Yia dell’Agnolo est entourée d’une guirlande de fleurs qui a la plus grande ressemblance avec celle de la Madone de San Pierino.
Il existe à l’Impruneta, sur la frise du Baldaquin de l’Autel de la Vierge, deux Madones qui sont d’un
Or, à mon sens, ces raisons commandent impérieusement un classement à une date très postérieure. Il y a un tel désaccord entre le style de cette œuvre et les bas-reliefs du Campanile et de la Cantoria, et, d’autre part, il y a une telle analogie avec les œuvres faites vers 1450, que je n’hésite pas à la classer à cette époque. Cette Vierge est postérieure au groupe qui comprend la Vierge aux roses et la Madone des Innocents. Elle en