MADONE DU MUSÉE DE BERLIN
N° 116 du Catalogue.
ŒUVRES DE LUC A
pieds nus et des nuages servent de siège et de marchepied à la Vierge.
Mais sans insister sur ces caractères, dont l’importance peut être contestée, je m’attacherai uniquement
VIERGE ENTRE DEUX ANGES du Musée de Berlin.
à un trait particulier, au geste de la mère qui sourit, en chatouillant le cou de son petit enfant. Or il est impossible de trouver rien de semblable dans aucune œuvre de Luca, ni même dans aucune œuvre d’Andrea. Chez Luca nous avons deux groupes de Madones: au début, les Madones solennelles, dignes héritières de la
gravité royale du XIIIe et du XIVe siècle; plus tard des mères tendres veillant anxieusement sur leur fils. Mais jamais nous ne trouvons aucune Madone souriante. La moins triste est la Madone d’Or San Michèle, et c’est à peine si, sur son visage, apparaît un léger sourire. Quant à ce geste trop familier, un peu trivial, de la Vierge chatouillant son fils, c’est certainement l’antipode de la manière de voir de Luca. Les mères de Luca
Une seconde Madone du Musée de Berlin représente la Vierge assise par terre sur un coussin, ayant à ses côtés deux Saints debout et deux Anges qui soulèvent des rideaux. Je ne veux pas prolonger ces discussions, qui deviendraient monotones. Je dirai seulement que cette Madone ne saurait être, comme on le suppose, une esquisse pour les Portes de bronze du Dôme. Pour le prouver il suffit de remarquer que jamais Luca n’aurait songé, pour un lieu aussi solennel, à représenter la Vierge assise par terre et jouant aussi familièrement avec son fils. De même la représentation
ne jouent pas avec leur enfant ; elles le tiennent religieusement dans leurs bras comme une relique sacrée.