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LA VISITATION

dans l’église de Saint Jean Fuorcivitas à Pistoie.

The Madonnas of Luca délia Bobbia.

que le caractère général de la pensée, non moins que le style des draperies, très souple mais un peu mou, qui contraste avec le trait plus nerveux que Ton rencontre dans toutes les œuvres de Luca, rendent plus vraisemblable l’attribution que nous proposons.

§ 2e. — DEUXIÈME MANIÈRE.

Il est assez difficile, dans l’œuvre d’Andrea où l’évolution du style est régulière, d’établir des divisions bien tranchées ; cependant, comme nous l’avons dit plus haut, Andrea, en avançant en âge, complique sa manière, et rend la composition plus animée en l’enrichissant d’un grand nombre de personnages.

Nous pouvons citer deux exemples magnifiques de ce style, qui paraît appartenir aux dernières années du XVe siècle, Y Adoration des Mages de Londres et Y Adoration des bergers de Sansepolcro.

TJ Adoration des Mages, du South Kensington Muséum de Londres, diffère des œuvres précédentes en ce que ce n’est plus un simple retable composé de figures disposées symétriquement ; c’est un tableau, représentant une histoire et, par suite, l’œuvre est plus complexe, plus animée, plus riche en détails. On se croirait devant un grand retable de Marco Palmegiani ou du Pérugin. Comme dans leurs tableaux, on voit cheminer, à travers de lointaines collines, le cortège des Pois Mages qui viennent déposer leurs présents et s’agenouiller aux pieds de l’enfant Dieu.

I a Adoration des bergers de l’église Sainte Claire, à Sansepolcro, nous semble appartenir au même art. Sous une cabane en ruines, dont les vieux murs et le toit de chaume

sont envahis par le lierre, l’enfant Jésus est couché dans son berceau. La Vierge et Saint Joseph l’adorent, le bœuf

L’ADORATION DES MAGES du South Kensington Muséum.

ut l’âne le réchauffent de leur haleine, les Anges chantent ses louanges, pendant que, au dehors, les bergers se

soulèvent de leur couche, réveillés par les Anges, et accourent pour fêter le nouveau-né.

C’est un art tout nouveau chez Andrea ; c’est un agrandissement de ses recherches antérieures et une conséquence toute naturelle de sa façon de comprendre la sculpture. Puisqu’il pense comme les peintres, il devra tendre de plus en plus à travailler comme eux.

Dans cette Adoration des bergers de Sansepolcro, nous étudierons avec attention Y Annonciation qui en orne le tympan, œuvre précieuse, car elle va nous permettre de classer et d’attribuer avec certitude à Andrea Y Annonciation de PHôpital des Innocents. Ces deux œuvres sont une réplique l’une de l’autre, avec quelques imperceptibles changements. L’œuvre de l’Hôpital doit être tenue pour très belle. Elle est d’ une exécution particulièrement soignée, mais l’art d’Andrea se complique et les draperies trop surchargées n’égalent plus le beau style de Y Annonciation de la Verna. Cette complication a fait hésiter les écrivains, dont un certain nombre veulent attribuer cette œuvre au fils d’Andrea, mais cette hésitation ne doit pas subsister lorsqu’on étudie les œuvres d’Andrea d’après un classement méthodique et que l’on détermine les caractères de son style à toutes les époques de sa vie.

On remarquera le petit pupitre qui porte le livre de la Vierge. Il est formé de deux griffes ailées adossées, motif depuis longtemps adopté par Desiderio et Verrocchio, et que nous ne retrouverons chez Andrea que dans le Iietable en marbre d’Arezzo, datant à peu près de la même époque.

Cette recherche de la complication n’est nulle part plus visible que dans les Évangélistes qui décorent la

L’ADORATION DES BERGERS de l’église Sainte Claire à Sansepolcro.

voûte de la Madone delle Carceri à Prato. C’est une œuvre faite avec soin, très finement modelée, mais où il y a une surcharge de draperies plus grande que dans aucune autre œuvre du maître ; et, à vrai dire, on peut la considérer comme une des moins heureuses. Les figures ont peu de caractère ; l’artiste paraît surtout préoccupé de reproduire le chiffonné des étoffes.

ANNONCIATION de l’Hôpital des Innocents.

J’ai dit plus haut qu’ Andrea s’était inspiré, pour cette œuvre, des Évangélistes de Luca, à la Chapelle Pazzi ; mais cette imitation ne porte que sur l’attitude générale des personnages. Pour le style des draperies et pour la nature des sentiments exprimés, l’art d’Andrea, ici, ne ressemble en rien à celui de Luca et lui est bien inférieur.

Dans la même église, à côté des Évangélistes de la voûte, il y a d’autres œuvres d’Andrea : ce sont les

ŒUVRES D’ANDREA

dessus des pilastres, de belles couronnes enferment des armoiries.

Nous signalons tout particulièrement cette décoration aux touristes qui, attirés à Prato par les merveil-

guirlandes décorant la frise, le plus important travail décoratif qui soit sorti de sa main. Ces guirlandes larges, très surchargées, sont attachées par des flots de rubans à des pieds de candélabres. Aux angles, au-

NGÉLISTES.

Église delle Carceri à Prato.

leuses fresques de Filippo Lippi, négligent parfois de visiter cette charmante église de la Madone delle Carceri,

doublement intéressante, soit parce qu’elle est une des plus belles œuvres de Giuliano da San Gallo, un des chefsd’œuvre les plus charmants de la Renaissance italienne, soit parce qu’elle contient le plus important essai, fait en Italie, de l’emploi de la terre émaillée pour la décoration des églises.

ORNEMENT DE L’ÉGLISE DELLE CARCERI à Prato.

Giuliano da San Gallo a terminé la construction de son édifice en 1490 et il est probable que les terres cuites d’Andrea ont été faites vers cette époque.

Un motif de guirlandes et de pieds de candélabres semblable à celui de la Madone delle Carceri se trouve sur la base d’un petit tabernacle que l’on peut attribuer à Andrea : le Saint Georges de l’église

ORNEMENT DE LA FRISE DE L’ÉGLISE DELLE CARCERI à Prato.

ŒUVRES D’ANDREA

Saint Georges de Brancoli.1 Pour justifier l’attribution à Andrea on remarquera aussi que le monstre est semblable au monstre de Saint Donat dans la Crucifixion d’Arezzo.

Il est arrivé à Andrea de traiter plusieurs fois les mêmes motifs à des époques différentes, et, en comparant ces motifs entre eux, nous trouverons une preuve de plus en faveur de la classification que nous avons adoptée.

L’exemple le plus typique que nous puissions citer est la Madone de la Cintola qu’Andrea reprend à Santa Fiora plus de vingt ans après l’avoir traitée à la Yerna. La comparaison est ici d’autant plus intéressante que nous sommes en présence de deux œuvres d’une grande beauté ; et il serait assez difficile de dire laquelle des deux doit être préférée. A Santa Fiora, il y a plus de science, plus de mouvement, plus d’habileté dans l’art de modeler les draperies, une plus forte saillie des reliefs, mais, malgré tout cet effort, on peut se demander si le style de la Yerna, si admirable dans sa simplicité, n’était pas d’un plus beau style.

1 On voit encore des guirlandes à peu près semblables sur la prédelle de l’Adoration des Mages de Londres.

ANDREA DELLA ROJBBIA.

Dans l’œuvre de Santa Fiora, comme caractères de l’art d’Andrea à la fin de sa vie, on notera particulièrement la grosseur des membres et leur relief accentué, notamment dans les Anges qui entourent la Mandorla. Sur le tympan, deux Anges en adoration sont remarquables par la vivacité de leurs mouvements et l’ardeur de leur expression. La figure de Saint Thomas, très belle, rappelle, par le style des draperies, l’Ange dans l’Annonciation de l’Hôpital des Innocents. Autour de la Vierge les têtes des chérubins qui, dans les premières œuvres d’Andrea, étaient sculptées en faible relief et d’une manière monotone, sont traitées ici d’une manière très variée et quelques unes se détachent en plein relief.

On sait quel emploi Andrea a fait de ces têtes de chérubins, comme bordures de ses œuvres. Ce fut une de ses plus heureuses créations et elle eut tant de succès qu’il fut obligé de les répéter à satiété et non sans quelque monotonie.

Les premiers exemples de ces têtes de chérubins se voient dans la Madone adorant l’enfant Jésus et dans la Madone de la Cintola de la Verna, mais les plus belles se trouvent dans les œuvres de date postérieure, dans les tympans des Cathédrales de Prato et de Pistoie, dans le Couronnement de la Vierge de Sienne, dans la Crucifixion de la Verna, dans la Nativité de Sansepolcro, dans l’Annonciation de l’Hôpital des Innocents, dans la Madone de la Cintola de Santa Fiora et dans l’Autel de marbre d’Arezzo.

Pour la première fois nous voyons Andrea, dans la décoration des pilastres, renoncer aux arabesques et leur substituer une série de petites statues, méthode

ŒUVRES D’ANDREA

MADONE DE LA CINTOLA à Santa Fiora.

que nous retrouvons dans une autre de ses œuvres de la même époque, l’Autel de marbre d’Arezzo. Ces sta-

tuettes sont d’un style admirable et l’on remarquera surtout le Saint Sébastien, digne d’être comparé au Saint Sébastien de l’Autel du Camposanto d’Arezzo, et le délicieux groupe de l’Ange ,et de Tobie.

La prédelle comprend trois motifs que nous n’avions encore rencontrés dans aucune œuvre d’Andrea : Jésus au milieu des Docteurs , le Baptême du Christ et la Mise au Tombeau. Ces trois petites compositions et la dernière, en particulier, sont de la plus sublime beauté. Nous y trouvons réunies au plus haut degré les qualités maîtresses d’Andrea : sobriété de la composition, noblesse des figures, ardeur de l’expression. On admirera le mouvement de la Vierge pressant la main de son fils et lui donnant un dernier baiser, et le geste de Marie Madeleine qui tente de l’arracher à ce douloureux embrassement.

Le même motif de la Madone de la Cintola se voit dans l’église de Foiano, et il présente cette particularité de porter une date : 12 avril 1502. Cette Madone étant de style moins avancé que la Madone de Santa Fiora, on pourrait en conclure que cette dernière est d’une date postérieure à 1502. Mais il ne faut pas oublier que, en 1502, nous sommes à une époque où Giovanni travaillait aux côtés de son père et que, déjà, à ce moment, l’atelier des Délia Eobbia livrait des répétitions à peine modifiées d’œuvres précédemment faites par Andrea. De telle sorte qu’il ne faut pas considérer l’œuvre de Foiano comme caractéristique du style d’Andrea en 1502.

L’église de Santa Fiora possède une seconde œuvre digne de retenir notre attention: c’est le Baptême du Christ, bas-relief qui décore les Fonts baptismaux de

dans la Collegiata de Foiano.

cette église. Saint Jean agenouillé verse l’eau du Jourdain sur la tête du Christ, représenté, les mains jointes, dans

une noble attitude de recueillement. La scène est complétée par un groupe de deux Anges tenant des linges. C’est la forme classique du Baptême du Christ, telle que Giotto, par exemple, l’avait ordonnée dans les fresques de l’Arena de Padou e.

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