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ENFANTS DE LA CANTORIA

Musée du Dôme.

1 Dans ces deux bas-reliefs, en avant des figures principales, sont placés des enfants nus, selon le type adopté par Michelozzo dans les bas-reliefs du monument Aragazzi.

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ŒUVRES DE LUCA

La Cantoria de Luca mérite d’être étudiée avec soin au point de vue architectural. Luca, plus que Donatello, pendant toute sa vie, n’a cessé de s’intéresser à l’architecture, et la comparaison de sa Cantoria avec celle de Donatello est des plus instructives, au point de vue de l’étude du développement du style de la Renaissance dans la première moitié du XVe siècle. Tandis que Donatello crée un style fantaisiste, dérivant tout entier de son imagination et n’ayant que de très lointains rapports avec l’art antique, Luca au contraire peut être considéré comme un des plus chauds partisans du nouveau style de la Renaissance. (Je ne parle bien entendu ici que de l’architecture.) Donatello invente toutes les formes qu’il emploie : la décoration en mosaïque qui sert de fond à toutes les parties de son œuvre et qui recouvre toutes les colonnes, les chapiteaux qui sont aussi différents des formes classiques que des formes de l’art gothique, et toutes les parties décoratives, telles que les coquilles ou les têtes entourées de palmettes. A peine pouvons-nous citer dans toute cette œuvre, comme trait antique, deux rangées d’oves et un petit cordon de perles. Dans la Cantoria de Luca, au contraire, tout rappelle l’antique : le beau caractère architectural de l’ensemble, la simplicité et la pureté des lignes, les pilastres cannelés, les chapiteaux ioniques, les bases avec leurs doublés tores, la volute des consoles, la disposition de l’entablement avec architrave, frise et corniche ; et enfin le dessin de toutes les moulures reproduisant celles qui sont le plus ordinairement employées dans les corniches des monuments romains, telles que les modillons, les oves, les rangs de perles. Il n’y a pas encore trace ici de ces légères

LUCA DELLA KOBBIA.

arabesques qui n’apparaîtront dans l’art italien qu’aux environs de 1450. — Il est probable que l’architecture fut une des parties les plus tardivement exécutées de la Cantoria ; nous pouvons la considérer comme ayant été faite vers 1440.

Au cours de cette étude sur Luca nous aurons à différentes reprises l’occasion de revenir sur son style architectural, pour en étudier les modifications.

Quoique les Bas-reliefs clu Campanile aient été commencés après les travaux de la Cantoria, ils représentent, dans l’œuvre de Luca, la manière la plus archaïque, celle où l’imitation de ses prédécesseurs tient le plus de place. La décoration du Campanile, entreprise par Giotto et Andrea Pisano en 1334, était restée inachevée, et Luca délia Robbia, un siècle après Andrea Pisano, était chargé de la terminer. On a supposé que Luca s’était servi des anciens dessins d’Andrea, mais il y a un tel désaccord entre l’œuvre du XIVe siècle et celle du XVe, que cette opinion ne saurait être sérieusement défendue.

Nous sommes bien en présence d’une œuvre du XVe siècle. Luca toutefois ne montre pas encore les qualités personnelles dont il fera preuve dans la suite et il imite le style à la mode à Florence dans les premières années du XVe siècle. C’est une manière grave, solennelle, particulièrement lourde dans les draperies, telle qu’on la retrouve dans les œuvres de Ciuffagni, de Nanni di Bartolo, de Michelozzo, de J. délia Quercia et dans les premières œuvres de Donatello. Cette manière fut sans doute importée à Florence par les maîtres gothiques du Nord des Alpes et surtout par les maîtres de l’école de Bourgogne.

ŒUVRES DE LUCA

I/œuvre du Campanile comprend cinq bas-reliefs. Deux d’entre eux, vraisemblablement les premiers qui aient été exécutés, Orphée et Tubalcain, ne sont composés que d’une seule figure et, dans une certaine mesure, ils se rapprochent des anciens bas-reliefs d’Andrea Pisano, représentant les Arts libéraux, par exemple, par la manière dont sont traités les

accessoires, l’enclume et le mar-

teau de Tubalcain, la forêt efc les animaux d’Orphée ; mais les imitations s’arrêtent ' là. Par le style des figures aux étoffes épaisses avec des plis nettement accusés, Luca se rattache à l’école de J. délia Quercia et des maîtres de la fin du XIVe siècle.

L’ Arithmétique et la Philosophie appartiennent à un style plus avancé. Les deux bas-reliefs sont conçus dans la même idée et représentent, l’un et l’autre, deux philosophes discutant entre eux, selon le type créé par Donatello à la Sacristie de Saint Laurent. Dans V Arithmétique, le style de Luca a encore un peu de froideur et les personnages sont immobiles. Dans la Philosophie, le style se transfigure et, à la vivacité du mouvement, à la beauté du geste, à

ORPHEE.

Bas-relief du Campanile de Florence.

l’énergie des expressions, on reconnaît l’influence exercée à ce moment sur Luca par Donatello.

Dans le dernier bas-relief représentant la Grammaire nous voyons Luca faire montre de qualités tout à fait personnelles. C’est lui-même, et non Donatello ou J. délia Quercia, qui a su voir ces jeunes enfants, si gracieux, si simples, si vrais dans leur attitude d’écoliers écoutant les leçons du maître et les transcrivant sur le cahier posé sur leurs genoux. Luca ici se rapproche de Ghiberti, mais il montre plus de naturel, plus d’intimité, une communion plus sincère avec la nature même. Et la figure magistrale du professeur, avec la saisissante individualité de ses traits, avec le beau geste de ses mains, complète cette œuvre qui a le droit de la grammaire. figurer parmi les bel-

Bas-relief du Campanile de Florence. }eS créations de LuCa.

Les deux bas-reliefs : Saint Pierre délivré de prison et le Crucifiement de Saint Pierre , ont les plus grandes

analogies avec le dernier bas-relief du Campanile, et nous savons qu’ils appartiennent à la même époque. Ils furent alloués à Luca le 30 avril 1438 et ils devaient orner un autel élevé en l’honneur de Saint Pierre,

ŒUVRES DE LUCA

dans une des chapelles de la Cathédrale de Florence. Le même document parle de la commande d’un second autel, en l’honneur de Saint Paul, faite en même temps à Luca ; mais il ne reste aucun vestige de cet autel, qui sans doute n’a jamais été commencé. Le style des reliefs de l’Autel de Saint Pierre est simple et noble. La lourdeur des premiers reliefs du Campanile a disparu et nous retrouvons dans le guerrier et dans les bourreaux du Crucifiement , dans les soldats qui gardent la prison de Saint Pierre, les mêmes formes que dans le jeune écolier du Campanile.. Les guerriers, les bourreaux et le petit écolier ont le même âge. Le même modèle, un enfant de quinze ans, a servi pour toutes ces figures.

En 1442, Luca fit pour la chapelle de Saint Luc, à l’hôpital de Santa Maria Nuova, un Tabernacle qui se trouve aujourd’hui dans les environs de Florence, à l’église de Santa Maria de Peretola. Deux anges debout sont placés aux côtés de la porte du Tabernacle et soutiennent une couronne de lauriers, au milieu de laquelle est figuré le Saint Esprit sous forme de colombe. C’est la première fois que nous rencontrons dans l’œuvre de Luca une de ces figures d’anges qui vont désormais tenir tant de place dans sa vie. La noblesse et la gravité sont ici les sentiments qui do-

BAS-RELIEF POUR L’AUTEL DE SAINT PIERRE. Musée National de Florence.

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