LA RÉSURRECTION
Sainte Marie des Fleurs à Florence.
LUC A DELLA EOBBIA.
dans celles de ses successeurs. Mais ici se bornent les imitations. Ghiberti, toujours si gracieux dans ses figures, n’a jamais pu créer une figure de Christ. Il fallait pour cela une hauteur de pensée qu’il ne possédait pas. Le Christ de Ghiberti est une figure doucereuse, sans accent, conçue dans le moule déjà devenu banal de l’art gothique du XIVe siècle, avec l’inclinaison des hanches et la disposition curviligne des draperies. Combien plus noble est le Christ de Luca, avec le beau geste de la main montrant le ciel et l’expression attendrie de son visage ! Les draperies, sans faux maniérisme, simples, indiquant sobrement les formes du corps, sont d’un art nouveau et très personnel.
L 'Ascension peut être considérée comme étant d’une pensée plus élevée encore. Dans l’œuvre seule de Fra Angelico on trouvera des figures exprimant, au même degré que les Apôtres de Luca, l’extase de l’amour et de l’adoration. Et, au point de vue des formes, il y a encore un progrès sensible. Les figures agenouillées des Apôtres, dans la noble simplicité de leurs, draperies, n’ont pas de rivales dans l’art même de Luca délia Robbia.
Les deux reliefs de la Résurrection et de Y Ascension sont encore remarquables à un autre titre. Ce sont les premières terres-cuites émaillées de Luca, dont la date nous soit connue. Il n’est cependant pas vraisemblable que ce soient les premières que Luca ait faites. Pour qu’on ait commandé à Luca la décoration en terre émaillée du tympan d’une des principales portes de la Cathédrale de Florence il fallait que Luca eût déjà fait connaître par quelques œuvres l’intérêt de son nouveau procédé. Je crois cependant que, parmi toutes
ŒUVRES DE LUCA
pour eux. C’est pour eux qu’il fait les bas-reliefs du Campanile , la Cantoria, l’Autel de Saint Pierre, la Résurrection et l’Ascension. C’est pour eux encore qu’il va faire le plus important ouvrage de sa vie après la Cantoria, je veux dire les Portes de bronze de la Sacristie.
Nous sommes particulièrement favorisés relativement à la connaissance de la date des travaux faits par Luca pendant toute cette période de sa vie, et
les terres-cuites que nous attribuons aujourd’hui à Luca, il n’en est aucune qui soit antérieure à cette époque.
Luca était un artiste si profondément religieux que les administrateurs de la Cathédrale de Florence firent tous leurs efforts pour se l’attacher exclusivement. Pendant plus de vingt ans, il travaille presque uniquement