VI. Det
bonheur et celui des générations qui dorment encore dans la nuit des temps, mais qui, en héritant de nos vertus ne s’éveilleront que par la liberté (1). »
Dans cette pétition, on voit non seulement que des sentiments s’accolent à l’idée rationnelle de Constitution, mais que celle-ci devient elle-même un sentiment profond, l’idée rationnelle possédant dans la pensée spontanée une face affective dont l’importance a été signalée.
b) INTERFÉRENCE DE L'IDÉE DE RAISON ET DES SENTIMENTS DE LIBERTÉ ET DE SACRIFICE.
« Monsieur le Président,
« Nous déposons par votre organe sur l’Autel de la patrie la somme de quatre cents livres. Ce tribut est bien faible sans doute, mais 1l n’est que le prélude de ce que nous espérons faire.
« Nos sacrifices croîtront avec les besoins de l’empire; et si par une fatalité aveugle, on voit triompher les ennemis du peuple qui a brisé ses fers, si la raison doit encore une fois s’éclipser sous les ténèbres des préjugés, notre résolution est prise d'avance et rien ne sera capable d’en changer la ferme détermination. Honteux de survivre à la liberté de notre patrie, indignés de n'avoir pu la conserver, nous périrons avec elle et son tombeau sera aussi le nôtre (2). »
(1) Adresse du conseil du département de l'Allier. Arch. nat. D xL. 6. 8. 2. Renvoyée à la Commission extraordinaire des Douze, 26 juillet de l’an IVe.
(2) Les administrateurs du directoire et procureur syndic du district de Clamecy (Nièvre), 28 avril 1792. Arch. nat. C. 149. 247. 17.
ss)
C) INTERFÉRENCE DE L'IDÉE DE SOUVERAI- NETÉ ET DU SENTIMENT DE RECONNAISSANCE ENVERS L'ASSEMBLÉE.
€ Vous les avez enfin rendues ces deux lois tant désirées [contre les émigrés et contre les prêtres] et un concert de louanges s’est élevé pour vous en bénir. Nous venons unir notre voix à cette harmonie universelle de la reconnaissance publique et faire retentir ce temple de nos actions de grâce. Oui, Législateurs, vous avez bien mérité de la Patrie et vous avez été les fidèles orennes de la volonté du souverain (1). »
d) INTERFÉRENCE DES IDÉES DE DROITS IMPRESCRIPTIBLES, DE LOI, D'ASSEMBLÉE NA- TIONALE, DE PROPAGANDE INTERNATIONALE, AVEC LE SENTIMENT D HONNEUR ET DE JOIE D'OBÉIR.
« Nous marchons à grands pas dans le chemin de l’honneur qui doit à jamais maintenir les Français dans l’imprescriptibilité de leurs droits... Nous ne pouvons nous empèêcher de le répéter, où la Loi parle, le cœur d’un Français suit son impulsion, 1l palpite du plaisir de lui obéir. Et c’est donc entre vos mains, imtrépides représentants, que oît le salut d’une nation si digne d’être libre; de toutes parts elle vous tend les bras et attend avec impatience le signal où le glaive exterminateur de Aa loi anéantira nos ennemis et propagera chez les despotes du Nord cette liberté qu’ils redoutent tant... mais que les peuples attendent avec impatience, pour se réunir sous l’étendard de la
Liberté (2). »
(1) Adresse individuelle des citoyens composant la Société fraternelle, séante à la Bibliothèque des Jacobins-Saint-Honoré, s. d. Arch. nat. C. 141. 135. 2.
(2) Adresse de la Société des amis de la constitution de Châtellerault, 15 janvier 1792. Arch. nat. D xL. 4. 80.1.
é) INTERFÉRENCE DES IDÉES DE DROITS DE L'HOMME, DE LIBERTÉ, AVEC L'IDÉE MORALE DE RACHAT ET LE SENTIMENT DE RECONNAIS- SANCE ENVERS L'ASSEMBLÉE.
« Vous voyez devant vous une association de cordonniers. Relégués autrefois par les préjugés dans une classe obscure et ignorée, souvent l’objet du dédain aussi insensé qu'insultant de cette espèce d’homme superbes et durs dont vous avez purgé l’empire, nous étions sans droits et vous nous en avez donnés, nous étions esclaves et vous nous avez rendus libres... Grâces immortelles vous soient rendues pour cet éternel bienfait (1). »
Î) INTERFÉRENCE DES IDÉES DE SOUVERAI- NETÉ DU PEUPLE, D'ASSEMBLÉE NATIONALE, D’UNITÉ, DE NATION, AVEC LES SENTIMENTS DE CIVISME, D'AMOUR ENVERS LES REPRÉSENTANTS, DE PATRIOTISME, DE FÉLICITÉ, AVEC L'IDÉE MORALE DE VERTU CIVIQUE.
« La nation vous a investis de sa puissance, le peuple souverain vous à armés de sa vengeance... Vous êtes le centre d'unité où se rallieront toujours les Français patriotes.. Transportez-vous en idée sur la surface de la France libre, vous y verrez l’arbre civique planté jusque dans le plus petit bourg et surmonté du bonnet de la, liberté. Représentez-vous le peuple le plus doux, le plus humain de la terre... chantant l’hymne du civisme et répétant avec wvresse les noms de ses représen'ants qui se montrent dignes du pouvoir suprême dont ils les a revêtus. Législateurs, reportez ensuite vos regards sur vousmêmes et vous sentirez vos cœurs s’enflammer du patriohisme brûlant qui peut faire naître dans toutes les âmes
j à à (1} Offrande patriotique d’une association civique de cordonniers, s. d. n. 1. Arch. nat. C. 149. 249, 36.
les vertus civiques qui font la félicité de l'espèce humaine. Levez-vous au nom de la Nation toute entière (1). »
g) INTERFÉRENCE DES IDÉES D'ASSEMBLÉE NATIONALE, DE LIBERTÉ, D ÉGALITÉ DE DROITS, DE VÉRITÉS POLITIQUES, DE PEUPLE, D AXIOMES, D'OPINION PUBLIQUE, DE VOLONTÉ GÉNÉRALE, DE DROITS DE L'HOMME, DE DROITS DES NATIONS, DE PATRIE, AVEC LES SENTIMENTS DE LIBERTÉ, :