II. — La démocratie à Rome
Ce n'est pas que la Constitution de la cité romaine ait jamais été démocratique : d'abord
soumise à des rois, puis gouvernée pendant cinq siècles par un sénat aristocratique, Rome a fini par obéir à des empereurs. Il n'y aurait donc pas lieu de parler d'une démocratie romaine, si la réalité n'avait été plus complexe que ne le ferait croire au premier abord la forme officielle des institutions, et si l'on n'y retrouvait, sous des étiquettes variables, une évolution générale analogue par beaucoup de côtés à celle des cités grecques. En fait, les mêmes problèmes se sont posés ici et là, à peu près dans le même ordre, et ils ont abouti à des solutions qui ne sont pas sans quelque ressemblance. Sans entrer dans de longs détails sur Thistoire intérieure de Rome, il est intéressant d'y chercher une sorte de contreépreuve des faits similaires que présente l'évolution des cités grecques, et d'essayer de voir par quelles raisons les conséquences de ces faits y ont été poussées moins loin qu'à Athènes, par exemple, ou qu'à Syracuse.