Const. Ath
2. AniSTOTEdit {Const. Afh., 8, 1) qu'ils étaient <îV^s au sort parmi les candidats inscrits sur ces listes (10 par tribu). Or il afiBrme plus loin (22, 5) que les archontes étaient élus avant la réforme du V siècle. Mais cette afiBrmation ne paraît s'appliquer qu'à >a période qui suit 510.
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mit, à certaines époques, d'exercer une action plus ou moins considérable. Ce qui ne varia jamais, c'est le respect religieux que son antiquité vénérable et la haute dignité de ses membres lui assuraient.
A côté de l'Aréopage, les prj'tanes des naucrares subsistèrent aussi, avec des attributions surtout financières.
Un conseil nouveau fut établi , celui des Quatre-Cents (cent membres par tribu, élus probablement), qui paraît avoir eu pour rôle, comme le Conseil des Cinq-Cents qui lui succéda, de régler les affaires courantes d'ordre politique et de préparer le travail de l'assemblée du peuple.
Les vieux tribunaux, consacrés par la religion, furent maintenus, mais leurs attributions furent entièrement changées. On leur laissa certaines causes criminelles que des scrupules religieux ne permettaient pas de leur enlever, mais on leur ôta toutes les affaires, privées ou publiques, qui constituaient la vie même de la cité, et on confia le jugement de celles-ci à de nouveaux tribunaux populaires, dont les juges étaient probablement élus par les tribus et certainement pris dans l'ensemble des quatre classes. L'ensemble de ces tribunaux constitua V Héliée ou tribunal des tléliastes, qui ne devait pas tarder à devenir un des principaux rouages de la vie publique athé-
nienne. Tous les témoignages anciens rapportent à Solon l'origine des Héliastes, et nous n'avons pas le droit de rejeter cette tradition unanime. Mais cela ne veut pas dire que les Héliastes de Solon fussent pareils à ceux du v* siècle : Solon a posé le principe d'un tribunal démocratique, mais il est évident que les réformes de Clisthène et les progrès de la vie politique ont donné à ce tribunal, au V® siècle, un grand nombre de ses traits les plus apparents et les plus connus.
Malgré les innombrables problèmes, aujourd'hui insolubles, que soulève le détail de cette organisation, il est aisé de voir que Solon fit dans la cité une véritable révolution, de caractère nettement démocratique. La naissance perdait ses privilèges. Le nombre se faisait sa place, la première déjà, dans la vie publique.
Et cependant, celte révolution était modérée à bien des égards. Le maintien des vieux cadres religieux, l'influence laissée à la richesse territoriale, le respect des anciennes formes en tant qu'elles n'étaient pas oppressives, la place donnée à Télection, c'est-à-dire au choix raisonné, dans la constitution des pouvoirs publics, faisaient de cette démocratie un régime mixte et tempéré.
Ce caractère de pondération prudente était si évident que tous les partis extrêmes furent déçus et mécontents. Les pauvres, dit Aristote, avaient
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compté sur un partage des terres, les nobles avaient espéré que Solon leur rendrait leur ancienne puissance.
Au lieu de ces solutions violentes, une nouvelle îité apparaissait, où tous les intérêts légitimes étaient conciliés, et où les voies étaient ouvertes à de futurs progrès. Solon avait raison de dire, dans de beaux vers conservés par Aristole :
J'ai donné aa peuple le pouvoir qui convenait, sans attenter à sa dignité ni l'étendre à l'excès. Quant à ceux qui détenaient la puissance et brillaient par leurs richesses, j'ai pris soin qu'ils ne souffrissent rien non plus qui fût contraire à réquité. Sur les uns comme sur les autres, j'ai étendu l'abri d"un bouclier puissant, et je n'ai permis à aucun des deux partis de triompher contrairement à la justice.
Ou encore :
J'ai écrit mes lois pour le pauvre et pour le riche, fixant à
chacun une règle droite et juste...
Entre les deux fronts de bataille, je me suis tenu comme une borne infranchissable.
C'était trop beau pour devenir immédiatement une réalité. En fait, la Constitution de Solon avait surtout établi des principes, tracé un modèle idéal qui ne devail plus s'effacer de l'esprit des hommes raisonnables, et qui, embelli plus tard par l'éloignement, devait apparaître aux penseurs du V' et du iv« siècle comme le plus pur produit de la raison démocratique pondérée, comme une des plus nobles fleurs de la civilisation athé-
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niénne. Mais elle ne fut guère appliquée. Presque aussitôl, malgré les précautions prises par le législateur pour assurer le succès de son œuvre, — serments des magistrats, effacement volontaire de sa personne, — les dissensions recommencèrent. Les nobles ne voulaient pas renoncer à leurs privilèges ni le peuple à ses chimères. Les esprits n'étaient pas mûrs pour la paix sociale.
La conséquence de ces faits était facile à prévoir. Pisistrate mit tout le monde d'accord en s'emparant du pouvoir, et le rêve, un instant entrevu, d'une cité à la fois libre et disciplinée, se dissipa brusquement, pour ne reprendre sa force efficace que longtemps après, sous une forme d'ailleurs assez différente.