LES COLONIES D’OUTRE-MER
Los conquérants. — Les races vaincues. — Influence de la religion dans les nouvelles sociétés. — La vie coloniale.
La race espagnole conquiert les divers royaumes d’Amérique au xvie siècle et fonde de nouvelles sociétés, en détruisant d’anciens empires, en improvisant des cités dans le désert, en multipliant lois et expéditions guerrières, au siècle suivant. De l’une à l’autre époque, de la rude épopée de la conquête à la plate existence des colonies disciplinées, un étrange contraste s’observe.
Dans la première, l’intérêt est le deus ex machina du vaste poème mis en action par les conquistadors : la lutte est barbare et sanglante contre la terre inconnue, les Indiens ennemis, les bois mystérieux, les fleuves immenses et le désert qui engloutit les légions. A ces merveilleuses journées succède, dans les cités silencieuses, une vie monotone, dévote, puérile. Fatiguée d’héroïsme, la race décline, se mêle aux Indiens, importe d’Afrique des esclaves noirs, obéit aux inquisiteurs et aux vice-rois, commente autour des places désertes les événements obscurs de son existence lamentable. Grisâtre et uniforme est cette période appelée la « Colonie », car les inquiètes sociétés d’Amérique reflètent la vie de l’Espagne; intense de cupidité et de sang, la première, la Conquête, dans laquelle d’impétueux aventuriers promènent, de