Lettres à Mlle Yolland
conscience jusqu'à conduire les Verrières chez le curé et les lui présenter comme des femmes de qualité venues pour passer l'été dans le pays et désireuses de faire la connaissance de leur pasteur. Le bon curé ne manquait pas de finesse : « Pour notre pasteur, c'est un des meilleurs esprits qu'il y ait bien loin, dit Diderot; il n'y a pas d'homme dont les passions se peignent plus vivement sur son visage ; c'est peut-être le seul qui ait le nez expressif; il loue du nez, il blâme du nez, il décide du nez, il prophétise du nez ! Grimm dit que celui qui entend le nez du curé a lu un grand traité de morale*.))
Malgré son nez, le bon curé prit pour or sans mélange les aimables personnes qu'on lui présentait, il leur fit le meilleur accueil, se réjouissant beaucoup de voir son troupeau s'augmenter de si johes et séduisantes ouailles.
Aussi, le dimanche suivant, les Verrières n'hésitèrent plus : elles vinrent à l'église du village pour assister à la grand'messe, et elles se placèrent audacieusement au banc même de