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LES SPECTACLES DE SOCIÉTÉ

Nous avons vu les Verrières s'installer brillamment à Auteuil, et y continuer la série des fêtes qu'elles avaient inaugurées à Paris. Disons rapidement ce qu'étaient ces réunions et expliquons comment deux femmes, notoirement connues pour des courtisanes, pouvaient ainsi attirer chez elles une société aussi nombreuse que bien choisie.

Une véritable rage de spectacles s'est emparée de Paris à cette époque. Les théâtres ne suffisant plus à l'enthousiasme général, les scènes de société se multiphent; à la Cour, à l'armée, dans les châteaux, dans les couvents, dans les maisons particuhères, partout la fièvre dramatique

sévit avec intensité. « La fureur incroyable de jouer la comédie gagne journellement, dit Bachaumont, et malgré le ridicule dont l'immortel auteur de la Métromanie a couvert tous les histrions bourgeois, il n'est pas de procureur qui, dans sa bastide, ne veuille avoir des tréteaux et une troupe*. »

Mme de Pompadour a donné l'exemple en créant le théâtre des Petits-Cabinets en \1A1. Comédie, vaudeville, opéra, ballet, tous les genres y figurent successivement, et la favorite s'y fait applaudir par la finesse de son jeu et l'éclat de son chant. La plus haute noblesse interprète les rôles.

A Bagnolet, chez le duc d'Orléans, les représentations sont continuelles. Le duc excelle dans les rôles de paysan et de financier; sa maîtresse, Mme de Mon tesson, fait preuve d'un véritable talent et l'on s'accorde à dire qu'elle ne serait pas déplacée à la Comédie-Française.

On joue chez la duchesse de Bourbon à Chantilly, chez la duchesse de Mazarin à Chilly, chez le maréchal de Richelieu à l'hôtel des Menus,

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