‹ Les Demoiselles De VerrièresChapitre 41 sur 48 · MORT DE MARIE DE VERRIERES · texte numérisé non relu

MORT DE MARIE DE VERRIERES

Mlle de Verrières n'avait vu le triomphe ni de Colardeau ni de la Harpe. Elle était morte en 1775.

De même que sa vie avait été facile, sa mort fut non moins douce. Elle n'était nullement souffrante, lorsqu'un soir, sur le point de se mettre au lit, elle se plaignit d'avoir un peu froid ; sa femme de chambre voulut faire chauffer ses pantoufles, et pendant qu'elle s'acquittait de ce soin, elle entendit sa maîtresse pousser un gros soupir ; elle se retourna précipitamment et vit Mlle de Verrières la tête appuyée sur le dossier du fauteuil où elle reposait et semblant dormir. Elle venait de rendre l'esprit.

A la nouvelle de cette mort inattendue, l'abbé de Beaumont, qui adorait sa mère, tomba dans le plus violent désespoir. Le duc de Bouillon luimême, malgré sa rudesse, parut prendre une part assez vive à cet événement, et il écrivit à son fils quelques lignes consolantes qui détonnent sous sa plume.

« Ce 25.

(( Je ne sais encore que par vous, mon bien cher enfant, la cruelle nouvelle que vous m'avez mandée hier. Votre douleur est bien juste et je la partage bien vivement et bien sincèrement. Soyez assuré que si vous vous conduisez bien, vous trouverez toujours dans mon cœur les sentiments les plus vrais et les plus tendres. Méritez-les par votre conduite et par là mettezmoi à même de pouvoir décemment m'occuper de votre fortune.

« Adieu, mon bien cher fils, je vous embrasse et vous aime bien tendrement.

(' Votre père, le duc de Bouillon. »

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