Mme Sand, Histoire de ma vie
avec Geneviève de Verrières et Mlle de Saluât.
Cette jeune fdle, douée d'une figure charmante, possédait de l'esprit et des talents; elle avait toujours vécu dans l'intérieur de sa mère et de sa tante et on lui avait donné, autant que le comportait le milieu, l'éducation la plus soignée.
En 1779, Pierre-Joseph Reynaud, ancien juge royal, fut amené chez Geneviève. Il y fit la connaissance de sa nièce, qu'on lui présenta comme fille de feu M. de Salnat, officier au service du roi, et de Marie de Verrières. Séduit par l'esprit et la grâce de la jeune fille, Reynaud risqua une demande qui fut fort bien accueillie, et le 27 mai 1779 Mlle de Salnat devint son épouse.
Les premiers temps de cette union furent des plus heureux ; on avait mis pour condition au mariage que les époux demeureraient chez Mlle de Verrières, mais cette clause, qui au premier abord pouvait sembler inquiétante, ne parut devoir amener aucune complication. D'Épinay se montrait charmant pour son gendre, plein de gaieté et d'entrain. Il cultivait même encore la muse et le jour de la fête de Geneviève, il réci-
tait ces vers qui contenaient une délicate allusion au jeune ménage :