Mémoires de Lauzun
2. On peut citer à ce propos ce mot de Mme de La Vallière : M. de Barbançon, qui avait été très beau, possédait un fort joli jardin que Mme la duchesse de La Valliére alla voir. Le propriétaire, alors vieux et goutteux, lui dit qu'il
Quelquefois, mais la chose était rare, le goût succédait à la jouissance, et l'on continuait à vivre ensemble, avec des ménagements mutuels ; alors on qualifiait une telle inclination du titre de respectable. »
Il y avait de grands vainqueurs, des hommes dont la conquête était une gloire; on s'affichait pour eux : « Le duc de Richelieu à vingt et un ans avait subjugué les grandes dames de la Cour, au point qu'elles ne connaissaient qu'un seul honneur, se vanter de l'avoir eu, n'eût-ce été qu'une fois; l'aveu humihait les rivales qui couraient sans espoir à lamêmegloire...*))Le jour de sa mort, le duc, âgé de soixante-dix-huit ans, « cette vieille poupée », comme l'appelle d'Alembert, s'éteindra sans avoir eu le temps de décacheter cinq billets de nobles dames qui sollicitent des rendez-vous.
L'homme à la mode suffit, il n'est pas besoin d'un grand seigneur. Le chanteur Jelyotte est à ce point la coqueluche des femmes du monde qu'il se plaint des bonnes fortunes qui l'accablent
avait été amoureux d'elle à la folie. Mme de La Valliêre lui répondit : « Hélas ! mon Dieu, que ne parliez-vous? vous m'auriez eue comme les autres. »