‹ Les Demoiselles De VerrièresChapitre 9 sur 48 · Mémoires de d'Argenson, novembre · texte numérisé non relu

Mémoires de d'Argenson, novembre

La liaison du maréchal avec Marie ne devait pas rester stérile. Le 20 septembre 1748, la jeune femme accouchait d'une charmante petite fille, dans la maison qu'elle occupait rue du Parc- Royal. Cette enfant fut baptisée, le samedi 19 octobre, en l'église Saint- Gervais et Saint- Protais de Paris, sous le nom de Marie-Aurore, fille de Jean-Baptiste de la Rivière, bourgeois de Paris, et de Marie Rinteau, sa femme.

Quel était ce Jean-Baptiste de la Rivière, qui se prêtait si complaisamment à cette paternité? Évidemment un pauvre diable qui, pour quelque argent, consentit à donner à l'enfant un état-

Marie-Aurore fut tenue sur les fonts baptismaux par Antoine-Alexandre Colbert, marquis de Sourdis, et Geneviève Rinteau, sœur de l'accouchée. Ce Sourdis, nous l'avons déjà vu, était un ami intime du maréchal et aussi un peu son complice; il recevait une large part sur les exactions de Maurice et, en échange, il pouvait bien lui rendre le service de devenir le père spirituel d'un de ses enfants.

Bien que le comte de Saxe n'ait pas reconnu la petite Aurore, il est très rraisemblable qu'il

s'en crut le père ; le prénom d'Aurore qu'il lui donna, une pension annuelle de trois cents louis qu'il fit à la mère pour élever l'enfant, la présence de Sourdis comme parrain, tout indique que le maréchal était convaincu de sa paternité * .

1. Mme Sand, qui fut la pctite-fille d' Aurore, prétend que sa grand'mérc ressemblait au maréchal d'une façon frappante.

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