‹ Les dentsChapitre 31 sur 62 · Transplantation d’une dent d’un sujet à un autre · texte numérisé non relu

Transplantation d’une dent d’un sujet à un autre

sujet, etc.

Nous nous arrêtons là pour ne pas fatiguer l’attention du lecteur.

Une faudrait pas que l’énumération qui précède effrayât le lecteur. Il y a trente ans cette suite d’opérations eût été remplacée à peu près par une seule opération : l’extraction ; or l’extraction est peut-être aujourd’hui l’opération que nous pratiquons le moins et la plupart des opérations énumérées plus haut ont précisément pour but de l’éviter.

Un de nos lecteurs, qui avait parcouru la collection de notre journal depuis sa fondation, nous faisait remarquer récemment qu’il nous arrive fort rarement aujourd’hui de parler de certaines opérations dont au contraire nous parlions fréquemment autrefois. L’observation est très juste et porte en

MALADIES DES DENTS

elle une preuve frappante du mouvement de la chirurgie moderne. Les opérations dont nous parlions beaucoup autrefois et dont nous ne parlons plus aujourd'hui, on ne les pratique plus, ou du moins on ne les pratique que fort rarement. Avec les progrès actuels, il arrivera un jour où le chirurgien ne se servira plus du bistouri, de même que le dentiste ne fera plus usage du forceps. Ce qui est bien certain, c’est que dans les cabinets de dentistes convenablement organisés, l’opération qui se pratique le moins souvent aujourd’hui est, je le répète, l’extraction des dents.

Pour ne rester que dans le domaine de la chirurgie buccale, que d’opérations que nous avons vu faire il y a quelques années à peine, par tous les maîtres de l'art, et qui sont à peu près inusitées maintenant ! Les polypes naso-pharyngiens par exemple, n’étaient enlevés autrefois qu'au prix des plus effroyables mutilations : désarticulation du maxillaire, division de la voûte palatine, etc. Aujourd’hui, dans l’immense majorité des cas, on se borne à entourer la tumeur d’un fil métallique qu’on fait traverser par un courant électrique à travers les fosses nasales, et l’opération est bientôt terminée. Nous connaissons un praticien qui depuis dix ans ne passe guère de mois sans avoir à extraire plusieurs polypes naso-pharyngiens, et qui jamais

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n'a eu à faire subir à ses malades aucune de ces affreuses mutilations qui étaient la règle autrefois.

S’il fallait résumer la tendance de la chirurgie moderne en un mot, ce serait : conserver. C’est ce que, sous une forme moins scientifique peut-être, mais plus pittoresque assurément, un confrère formulait jadis sous forme d’une formule qu’il avait prise pour devise : « N’arrachez pas, guérissez. »

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