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CHAPITRE XIV

DES MALADIES DU PÉRIOSTE DENTAIRE ET DES GENCIVES — CAUSES ET TRAITEMENT

Périostite alvéolo-dentaire. — Formes aiguës et formes chroniques. — Suppuration des gencives. Importance et gravité de ce symptôme. — Fluxion des gencives. — Scorbut. — Fongosité des gencives. — Epulides. — Aphtes.

En traitant de l’ébranlement et du déchaussement des dents, nous avons parlé de l’inflammation des gencives. Laissant cette affection de côté, nous allons maintenant nous occuper des affections les plus communes dont elles peuvent ctre atteintes.

INFLAMMATION DU PÉRIOSTE

En traitant de l’odontalgie, nous avons déjà parlé de l’inflammation du périoste alvéolo-dentaire et de son traitement. Nous en avons également parlé dans le chapitre précédent. Nous nous bornerons donc à y revenir ici en quelques lignes.

MALADIES DU PÉRIOSTE

La périostite alvéolo-dentaire peut se présenter sous deux formes : à l’état aigu, à l’état chronique.

Sous sa forme aiguë elle est très douloureuse et s’accompagne souvent d’une congestion des téguments, nommée fluxion ; mais elle disparaît facilement et rapidement sous l’influence d’un traitement approprié.

Sous sa forme chronique, la périostite alvéolodentaire est beaucoup moins douloureuse, mais en même temps beaucoup plus redoutable.

Il existe une forme de périostite alvéolaire à marche insidieuse, qui ne s’accompagne généralement pas de douleur, et qui peut finir cependant par avoir pour résultat la perte de toutes les dents : un peu de gonflement de la gencive, une suppuration très légère quand on presse la gencive au niveau du collet de la dent, en sont les phénomènes principaux. Bientôt la dent s’ébranle, le bord alvéolaire se résorbe et la dent perdant ses points d’appui finit par tomber. On voit souvent ainsi les dents de toute une rangée de la mâchoire tomber une à une.

La suppuration des gencives est un symptôme qui ne peut laisser aucun doute sur l’existence de cette affection.

Il nous arrive fréquemment de voir se présenter

ET DES GENCIVES

à notre consultation des malades qui ne. présentent aucun symptôme autre qu’une suppuration sans douleur localisée au niveau du collet des dents, et se manifestant aussitôt qu’on vient à comprimer la gencive.

Cette suppuration apparente des gencives est toujours un symptôme grave, car elle indique l’inflammation de la membrane qui tapisse les alvéqles, c’est-à-dire le périoste alvéolo-dentaire.

Le sujet chez lequel on l’observe est menacé nonseulement de perdre la dentmalade, mais encore les dents voisines.

Le plus souvent, quand se manifeste la suppuration. le mal est déjà ancien, le périoste plus ou moins épaissi et altéré, et l’inflammation a de la tendance à s’étendre au périoste du maxillaire. Tomes a vu les trois quarts de la mâchoire supérieure se perdre par l’extension d’une inflammation qui avait débuté dans le périoste alvéolo-dentaire d’une seule dent. Nous avons fréquemment vu des cas analogues.

Les causes de cette affection sont assez obscures, elle s’observe chez des individus indemnes de toute diathèse. Il nous a semblé que dans un grand nombre de cas, l’origine du mal pouvait être attribuée à l’irritation du périoste produite par la présence du tartre au niveau de la partie la plus

MALADIES DU PÉRIOSTE

supérieure du collet de la dent. On comprend que, dans ce dernier cas, la première chose à faire soit de détruire la cause du mal, c'est-à-dire d’enlever le tartre accumulé sur la dent.

Le moyen d’y arriver est assez simple, mais exige une certaine habileté manuelle. Il faut passer de petits instruments spéciaux entre la gencive et la dent, et ruginer délicatement cette dernière sur tout son pourtour, de façon à extraire les fragments dont la présence entretiendrait indéfiniment une cause d'irritation et de suppuration.

La circonférence de la dent parfaitement nettoyée, nous introduisons alors entre cette gencive et la dent avec l’extrémité d’une tige de bois très finement taillée, une très petite goutte de chlorure de zinc étendu d’eau, et nous répétons cette opération jusqu’à guérison complète ; cette dernière ne se fait généralement pas attendre plus d’une quinzaine de jours. Au lieu de chlorure de zinc, on peut employer de l’acide phénique, de la teinture d’iode ou du tannin ; mais ces remèdes, beaucoup plus faciles à employer que le chlorure de zinc, sont aussi bien moins efficaces. Nous devons ajouter cependant qu’il faut les plus grandes précautions dans l’emploi du chlorure de zinc; c’est un remède difficile à manier en raison de ses propriétés toxiques et cautérisantes.

ET DES GENCIVES

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