Id. S
la dite cure et paroisse. Le prieur de Magny, tant à cause de son prieuré que de la chapelle de Saint-Gilles qui y était réunie avant 1491, jouissait de quelques traits de dîmes sur la paroisse de Magny, notamment à Velannes. Il percevait la dîme ou un abonnement de dîme sur des terres de sa censive composé d’environ Go arpents dans plusieurs cantons de la paroisse de Magny, situés dans l’enclave des grandes dîmes. 11 dîmait seul dans les jardins de Magny, et des villages d’Hodent, Charmont, Velannes-les-Bois, et Velannes-la-Yille, et sur les terres de ce canton qui étaient anciennement jardins et closeaux. Il jouissait encore du droit d’y percevoir toutes les menues dîmes de laines, d’agneaux, cochons, oisons, chanvres, filasses. Il percevait aussi annuellement six muids de grains, les deux tiers de blé froment, et le tiers d’avoine, sur les grandes dîmes, soit que cette redevance fit partie de l’ancien patrimoine de la cure ou paroisse de Magny, soit qu’elle eût été donnée depuis au prieuré par la pieuse libéralité des seigneurs des grandes dîmes, pour l’entretien du service divin dans l’église paroissiale où le prieuré avait été établi.
Le prieuré de Magny était chargé du service religieux dans l’église, avec l’obligation d’y entretenir un cierge et une torche. Le curé, quoique prêtre séculier, était le commensal du prieur de Magny. Ce dernier ne fournissait rien, ni à l’église, ni au curé. Il prétendait que ses prédécesseurs s'en étaient déchargés, en abandonnant au curé la dîme du petit canton d’Hunnecourt. Ce hameau était ruiné, et la dîme ne s’étendait que sur 38 arpents de terre environ. Après un accord entre l’abbaye de Saint-Germain et le curé de Magny (1776) tant pour borner cette dîme, que pour compenser d’anciennes novales, sur la ferme de Ilodent, elle comprit 98 arpents. Le curé de Magny jouissait encore sur Artliieul d'un trait de dîmes très anciennement attaché à son bénéfice. Il y prélevait aussi la dîme des jardins et closeaux, ainsi que la menue dîme. Il avait en outre quelques dîmes éparses dans la paroisse, qui paraissaient lui venir de son droit de novales. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme propriétaire des grandes dîmes de la paroisse, payait annuellement au curé quatre muids de grains. Depuis que le prieuré de Magny était devenu un bénéfice simple, le curé percevait un préciput sur ses revenus pour faire le service divin à la place du prieur.
La fabrique de Magny avait à Blamecourt la menue dîme et la dîme des jardins et des closeaux.
Une assez vive contestation s’éleva à propos des dîmes. Monsieur de Senozan avait acquis les grandes dîmes, en 1733. Monsieur Barcos, prieur de Magny, n’eut rien à objecter, même lorsqu’elles furent transmises aux religieux de Saint-Germain, qui continuèrent les baux qui avaient été passés. Monsieur de Chaumont succéda, en 1766, à monsieur Barcos. En 1768, il réunit ses dîmes particulières dans un seul bail. Il fut très attentif à conserver les droits de son prieuré. Il rechercha et examina soigneusement les titres, et cependant il n’y vit rien qui pût l’autoriser à troubler la possession des religieux de Saint-Germain.
Monsieur Alleaume prit, en 1770, possession du prieuré de Magny. Vers 1780, il s’imagina ou on lui persuada qu’il avait droit à l’universalité des vertes dîmes dans toute l’étendue de la paroisse de Magny, même sur le domaine des propriétaires des grandes dîmes. Il joignit à cette prétention celle de percevoir les novales antérieures à l’édit de 1768.
Les Bénédictins se défendirent d’avoir usurpé les vertes dîmes, comme l’avançait Alleaume. S’ils les avaient usurpées en 17G4, sous le prieur Barcos, il y aurait eu une grande différence de prix dans l’adjudication des dîmes du prieuré de Magny. Le prix des dîmes aurait dû notablement baisser et cependant il n’en était rien, comme le prouvaient les chiffres ci-dessous :
1760 vertes dîmes
2 io1
2701 et 4 poulets.
Le prieuré de Magny avait certainement droit aux grosses et vertes dîmes, mais seulement dans les jardins et closeaux de Magny. Rigoureusement, il ne pouvait les percevoir sur des pièces de terre, qui, autrefois jardins et closeaux, ne l’étaient plus alors.
Un acte de 1669 contenait, énumérait les droits et revenus du prieuré de Magny. Il ne mentionnait pas le prétendu droit de vertes dîmes sur le dimage des grandes dîmes. Les baux des prédécesseurs de monsieur Alleaume ne réclamaient pas toutes les dîmes vertes, mais seulement la portion des vertes dîmes des terroirs qui dépendaient du prieuré. La qualité de curé primitif que se donnait le prieur de Magny,
Alleaume, ajoutaient les Bénédictins, emportait avec elle le droit de présentation et des droits honorifiques vis-à-vis du vicaire perpétuel, mais elle n’accordait jamais le droit à l’universalité des dîmes d’une paroisse. On pouvait donc en inférer que le prieur de Magny n’avait pas droit à l’universalité des dîmes vertes dans toute la paroisse de Magny, mais seulement dans quelques cantons.
Vente du domaine1.
District de Mantes. — N° 80, — 5 avril 1781 :
Commune et terroir d’Omerville :
Un corps de ferme, couvert de chaume, un clos planté d’arbres fruitiers d’un arpent 5o perches et 18 arpents de terres labourables en 17 pièces, avec 3 arpents 5o perches de prés furent vendus à Jacques- Amable-Félix-Victor Anger, laboureur à Breuil, près Passy (Pacy, Eure?), pour Jean-Jacques Guimer, laboureur, demeurant à Archemont, paroisse de Saint-Gervais-lès-Magny, pour le prix de 34-5oo livres.
N° 94, — 16 avril 1261 :
Blamecourt, hameau de Magny.
Un corps de ferme, bâtiments, cour, tour, colombier, granges et cbarteries en dépendant, furent vendus à Louis-André Duval, marchand épicier droguiste, demeurant aux Andelys (Eure), pour le prix de 11 1.000 livres, avec 208 arpents 90 perches de terres et prés et une place, où il y avait antérieurement une maison seigneuriale et autres bâtiments convertis en remises.
N° 271. — Il y eut folle enchère, et le 22 décembre 1791, ces biens furent adjugés pour le prix de 1 10.200 livres à Marin Bertheaume, demeurant à Paris, hôtel d’Amérique, rue de Chartres, au coin de celle de Saint-Nicaise, n° 85.
N° 90, — iG avril 1791 :
Terroir d’Arthieul.
Ln moulin à eau, dit Bureau, avec les bâtiments en dépendant et
1. Vente des biens nationaux. — Archives départementales (Seine-et-Oise).
cour contenant 45 perches ; plus, 4 arpents de terres, clos de hayes vives, près le dit moulin, et 3 arpents 87 perches 1/2, en deux pièces, près le moulin de Neucourt, et prairie de Velannes-le-Bois, furent vendus à Marie-Madeleine Lefèvre, veuve de Barthélemy Bertaut, meunière demeurant à Magny, au prix de 36. 000 livres.
N° 1 14, — 3 mai 1781 :
Terroir d’Harchemont, hameau de Saint-Gervais.
71 arpents de terres et 4o perches en 29 pièces furent vendus à André-Jacques-Victor Leguay, architecte demeurant à Mantes, au prix de 45.ooo livres.
N° 279, — 28 janvier 1792.
Il y eut folle enchère. Ils furent adjugés, moyennant 38. 100 livres, à Jean Guillard, charcutier à Versailles, rue Saint-Pierre, et Jean- Baptiste Masson, charcutier à Saint-Germain-en-Laye, rue au Pain.
N° i3, — 17 février 1791 :
Commune et terroir d’Hodan (Hodent).
Un corps de ferme, bâtiments, cours, jardins, circonstances et dépendances, pressoir et colombier, un moulin à eau, avec cour, jardin et pâture en dépendant, contenant 06 perches 1/2 et 456 arpents 62 perches de terres, prés et bois taillis en 62 pièces, avec les droits de cens et champarts, furent vendus à François Dumazy demeurant à la lloche- Guyon, pour Louis-Alexandre de la Rocliefoucaud, député à l’Assemblée nationale, président du département de Paris, y demeurant, rue de Seine, au prix de 261.400 livres.
N° 1842, — an V, 6 pluviôse :
Un moulin et dépendances et 12 arpents 94 perches de terres et prés furent vendus à Fessard, pour la somme de 19.820 livres 76.
N° i3, — 26 mai 1791 :
A Magny, place du Marché-aux-Porcs, une maison cy-devant seigneuriale, circonstances et dépendances, avec les jardins et enclos y attenant, le tout contenant 1 5 1 perches, fut vendue à André Saussaye, entreposeur de tabac à Magny, pour Louis-Sophie Carillon, demeurant au dit Magny, pour le prix de 16.800 livres.
LONGNES
Possessions territoriales
C’est une commune du canton de Houdan, arrondissement de Mantes, département de Seine-et-Oise. Ce lieu passe pour fort ancien. Il en est question dans une charte de io3o, où le roi Robert, comme nous le voyons dans l’article de Dammartin, défend au comte Drogon de pressurer les habitants de Longnes ( Laonice , Laogniacum), Heurteloup (Loputeum), Mirehel (Mirebellum). Les religieux de Saint-Germain y avaient un domaine qui prit de l’extension, grâce à la pieuse générosité des fidèles.
En i2o3, Herbert, prévôt de Longnes, et sa femme, Alix, abandonnèrent aux Bénédictins, à titre gratuit, i5 chapons de revenu annuel, 3 champarts, le cinquième de trois muids de blé qu’ils pouvaient prendre dans la grange de Longnes. Les quatre autres parts des trois muids furent vendus 80 livres tournois. Les religieux de Saint-Germain devaient payer 6 livres io sols tournois de rente pour cette somme jusqu’à la mort de l’un des bienfaiteurs. La redevance de trois livres qui leur incombait alors disparaissait après le décès des deux donateurs. Les Bénédictins leur avaient témoigné leur gratitude en les admettant dans leur fraternité1.
Jean, abbé du monastère de Saint-Germain, poussa plus loin sa reconnaissance. 11 constitua de ses deniers une rente de 25 sols pour la fondation d’un service anniversaire en l’honneur de Herbert2.
Ce prélat eut un long procès avec le curé de Longnes, qui revendiquait un emplacement près de sa demeure. Ce différend se termina enfin par un accord amiable réglant que les deux parties se contenteraient d’un échange et d’une compensation pécuniaire. Cette transaction fut ratifiée par Renaud, évêque de Chartres (1210)3.
En 1283, Jacques de Chicno vendit aux Bénédictins trois muids