‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 240 sur 261 · Arch. nat. LL. io4o, p · texte numérisé non relu

Arch. nat. LL. io4o, p

4. Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. Il, p. 89, n° 3g33.

vôts d’Antony avaient à lutter pour faire respecter leurs droits. Comme nous le dirons en son lieu, ils eurent à réprimer plusieurs entreprises violentes de leurs vassaux de Wissous qui refusaient de se soumettre au paiement du droit de pressurage de la vendange de leurs vignes. Dans le courant du XIIIe siècle, nous trouvons les religieux de Saint- Germain occupés à traiter avec les habitants de Châtenay, vassaux du chapitre de Notre-Dame de Paris et voisins des bois d’Antony. Il s’agissait de réglementer les droits de pacage qu’ils avaient dans ces bois et de mettre fin à des usages que la négligence avait laissé s’implanter et qu’il n’étaitpas facile de détruire. Les habitants de Chastenay prétendaient, à l’encontre de l’abbé et des religieux de Saint-Germaindes-Prés, qu’ils avaient droit d’aller le premier jour du mois de mai prendre dans lea bois d’Antony leur arbre de Mai et qu’il leur était permis de mettre leurs animaux en pacage dans ces mêmes bois. Cette affaire fut remise à l’arbitrage de messires G. de Vaugrineuse, doyen de Paris, Luc de Gif ou Giffon et Melon de Corbeil, chanoines de Notre-Dame de Paris, qui décidèrent que les habitants de Chastenay devaient renoncera leurs prétentions au sujet de l’arbre dé Mai, moyennant une somme de quarante livres en monnaie monnayée que l’abbé leur donnerait pour être employée à l’utilité de la ville. Ils pourront envoyer leurs brebis paître dans la partie du bois d’Antony appelée la Chas teigner aie, après la 8e année depuis la coupe de ces bois ; mais pour que les fruits de cette chasteigneraie fussent préservés, les habitants de Chastenay durent s’abstenir d’y envoyer leurs troupeaux depuis la fête de l’Assomption jusqu’à la Saint-Martin d’hiver (le samedi après la fête de saint Mathieu, apôtre, de l’année 1262 *.

Malgré cette sentence, les' difficultés ne tardèrent pas à se reproduire entre ces mêmes parties pour les droits de pâturage ès bois de Chastenay et d’Antony entre Igny, Chatenay, Bagneuxet la Boncillière. En i3o8, Pierre, abbé, et le convent de Saint-Germain-des-Prés signèrent avec les habitants de Chastenay une transaction par laquelle ces derniers pouvaient envoyer leurs troupeaux dans les bois d’Antony lorsqu’ils auraient la sixième feuille, moyennant un denier parisis par an payé par chaque chef de beste, laquelle somme sera portée en

î. Arch. Hat. LL. 102&, p. ao3.

l’hostel des moines à Antony par le vacher de Cliatenay, dont il fera serment entre les mains du prévost d’Antony \

En 1276, le roi fit cession à l’abbaye du droit de gruerie qu’il avait à Antony ; en reconnaissance, les religieux s'engagèrent à payer au trésor royal une rente perpétuelle de 24 livres parisis *.

Le droit de gîte qu’avait le roi dans la ville d’Antony fut la source de débats entre les habitants ; ceux d’entre eux qui figuraient parmi les botes de l’évêque de Paris se prétendaient exempts de cette contribution. Mais le Parlement de la Saint-Martin d’hiver de l’année 1260 déclara que tous les bourgeois d’Antony devaient asseoir ce gîte et que le prévôt de Paris le ferait lever 3, ce qui mit un terme à toutes les discussions.

En 1267, les abbés de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain, qui étaient en désaccord au sujet des droits d’usage des hôtes d'Alnet 4 dans les bois d’Antony et des droits de justice dans la ville de Suresnes, remirent leurs démêlés à l'arbitrage de maître Clément, archidiacre de Laon et chanoine de Paris, dont la sentence n’est pas parvenue jusqu’à nous 5.

La justice était exercée à Antony au nom des religieux par les prévôts, qui jusqu’au XVe siècle avaient été choisis dans le personnel monastique, mais qui, à partir de cette époque, ne furent plus que des fermiers de cette seigneurie. Dans leurs conventions, les religieux se réservaient le droit de nommer aux diverses charges et aux offices du tribunal d’Antony. Ainsi, en 1 63 1 , les religieux, prieur et convent de Saint- Germain-des-Prés, pour la connaissance que de longtemps avoient de la prud’hommie, sens, souffisance, capaciLé, intégrité et zèle de notre sainte religion catholique, apostolique et romaine, de maistre Louis Dupuis, huissier au Chastelet de Paris, lui octroient l’estât et l’office de Lieutenant en leur prévosté d’Antony et mandent à maistre Pierre Joannet, prévost d’Antony, qu’après avoir reçu son serment, il le mette en possession de son dit office 6.

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