‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 72 sur 261 · Arch. nat. L · texte numérisé non relu

Arch. nat. L

astreindre leurs vassaux de Wissous, en les obligeant à aller porter leurs vendanges aux pressoirs banaux d’Antony. Or ceux-ci prétendaient jouir sous ce rapport des immunités concédées aux habitants du reste de ce territoire et avoir leurs pressoirs particuliers. Ce fut la source de longues et parfois violentes discussions, qui se renouvelaient sans cesse et qui ne se terminèrent qu’à la fin du XVIIIe siècle. Nous trouvons dans le Cartulaire d’Antony un acte de 1 33 1 , portant convention pour ajourner, devant la cour du Prévôt des Marchands, Guillaume Baudran et Pierre Dautène, « marguillier de la paroisse de Huit Solz », qui avaient employé l’argent de la fabrique de ladite église à armer environ cinq cents hommes, pour aller, enseignes déployées, empêcher les religieux de Saint-Germain de prélever le droit de pressurage. Les meneurs de la révolte furent condamnés à être battus de verges et à la confiscation de leurs biens au profit du Roi. Le procureur général ayant appelé a minima de cette sentence, nous ignorons le dénouement de cette affaire1.

En 1 53 1 , une requête fut présentée par le procureur fiscal d’Antony, u exposant que, malgré les défenses faites par le bailli de Paris et par « les officiers de la Prévôté d’Antony aux messiers 2 du village de « Wissous de se transporter sur aucune pièce de vigne du territoire « d’Antony, portant piques, cornets et autres bastons, pour faire « aucune garde des dites vignes, ni aucun exploit », les deux messiers de la présente année étaient venus avec les insignes de leurs fonctions sur le territoire d’Antony, où ils avaient été appréhendés au corps par les gens de la Prévôté. Le juge déclare confisqués, au profit de l’abbé et des religieux, les piques, cornets, sifilets des deux délinquants, à qui défense est faite, sous de graves peines, de recommencer leur entreprise3.

Dans la suite, les religieux durent aller fréquemment demander aux tribunaux le maintien de leurs droits contre l’insubordination de leurs vassaux de M issous. En 1 535 une sentence du Châtelet de Paris condamna plusieurs habitants de Wissous, qui prétendaient « que, ce u territoire étant hors de la juridiction de Saint-Germain-des-Prés, ils

j. Enjalvin, I, p. 11.

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