‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 78 sur 261 · Arch. de Seine-et-Oise, sér. H · texte numérisé non relu

Arch. de Seine-et-Oise, sér. H

80 ans le fief de Saint-Merry. Enfin, pour mettre un terme à cette contestation, il consentit à limiter son droit a 4o arpents environ. Cet accord fut accepté1.

Comme nous l’avons vu dans le Polyptyque de l’abbé Irminon, au commencement du IXe siècle, l’abbaye de Saint-Germain possédait à Epinay l’église paroissiale, quelle avait confiée à titre de bénéfice à un prêtre nommé Ricbert. Comme pour tous les biens qu’elle possédait dans ce territoire, ses archives ne nous fournissent pas d’indications sur l’origine de la seigneurie spirituelle d’Epinay, et ne permettent pas de savoir si 1 autel d’Epinay avait été donne a 1 abbaje par un eveque de Paris ou bien si les religieux avaient eux-mêmes fondé cette église pour les besoins spirituels de leurs vassaux et serfs d’Epinay. Nous serions assez disposés à nous ranger à la seconde hypothèse, que soutenaient les Bénédictins au XVIIe siècle dans leurs démêlés avec l’autorité épiscopale au sujet de leurs droits sur la paroisse d’Epinay ; nous appuyons cette manière de voir sur l’absence de la charte de donation, qui ne figure ni dans les archives, ni dans les divers cartulaires, tandis que nous les y retrouvons pour toutes les autres églises voisines de la dépendance de l’abbaye; sur le vocable de saint Germain impose a cette église ; sur les privilèges et droits de gros décimateurs qui appartenaient aux moines et qui impliquaient en général la qualité de fondateurs. Mais pendant les désastres des X° et XIe siècles, les abbés laïques de Saint-Germain laissèrent perdre une partie de leurs droits spirituels, en même temps que beaucoup de leurs biens temporels.

Au sortir de cette période, les moines n avaient plus, non seulement la collation dont nous venons de les voir investis au IXe siecle, mais encore le droit de présentation ; car l’église d’Epinay ne figure pas parmi celles dont la bulle d’Alexandre III confirma la juridiction aux religieux de Saint-Germain. Pourtant cette juridiction fut 1 objet de compétitions rivales et de litiges prolongés entre les évêques de Paris et les abbés.

Si les pouillés parisiens des XVe et XVIe siècles marquent la cure d’Epinay-lès-Saint-Denis comme étant à la pleine collation de l’évêque, le Pelletier, dans son Pouillé de 1692, l’indique comme étant à la nomination de l’abbe2. Dans le cours du X4 IIe siecle, les Bénédictins

i. Bibl. nal. ms.fr. 16857, P- 3ag.

a. Lebeuf, t. I, p. 594.

de Saint-Maur tentèrent de faire consacrer ce qu’ils considéraient comme leurs droits. Dans un acte de 17^9, Dom Placide Roussel, prieur, et les religieux de Saint-Germain-des-Prés qui ont soin d’énumérer leurs qualités de patrons, fondateurs, présentateurs, curés primitifs, décima teurs universels de l’église d'Epinay-sur-Orge, baillent à ferme pour 9 années à messire François Collemard, prêtre, vicaire perpétuel de cette paroisse, toutes les dîmes grosses et menues1 2, pour le prix de 23o livres par année, avec la condition que, pendant la durée du bail, les religieux seraient dispensés de payer la portion congrue audit vicaire*.

Mais cette revendication, que tout nous porte à croire fondée, n’eut pas raison de la résistance opposée par les curés d’Epinay qui, se fondant sur les pouillés diocésains, forcèrent les Bénédictins à capituler et à renoncer à leurs prétentions sur le patronage de cette église, qui releva définitivement de l’archevêque de Paris.

Pour compléter ce que nous avons dit déjà de l’importance immobilière de cette circonscription et des revenus qu’en retirait l’abbaye, nous allons transcrire les indications suivantes, extraites des déclarations de revenus faites en 1790 par les religieux :

« Les dixmes d’Epinay-sur-Orge et dépendances, à la réserve de 33 arpens et demi, appartenant au seigneur d’Epinay, les dites dixmes, à raison de 4 gerbes par arpent de terre labourable et de 12 pintes de vin par arpent de vigne, sont louées au sieur Girardeau par bail au prix annuel de 600 livres, et 3oo livres en passant le bail, ce qui fait 33 livres 6 sols 8 deniers. Le fermier devait payer le gros du curé, qui était estimé à 828 livres et qui se composait de 3 muids de froment, 1 muid 1/2 de blé méteil, 2 muids de vin et 80 livres en argent3.

Au commencement du XVIe siècle, la paroisse que nous avons trouvée jusqu’alors désignée sous le titre de Saint-Germain-d’Epinay, est placée sous le patronage de saint Leu et de saint Gilles. D’après une note fournie, en 1790, par Me Angoullian, curé d’Epinay, au vicaire général de l’archevêque, ce changement aurait eu lieu à l’occasion du

1. « ... le droit dedixme se perçoit à raison, pour les grains, de 4 gerbes par arpent, et pour le vin, de 4 pinctes, mesure d’Epinay qui est la mesme que celle de Saint- Denis de France... »

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