I. — LES CHARTREUX l
Si nous parlons des Chartreux, c’est qu’ils figurent parmi les gens de main-morte possédant des maisons et des terres dans la censive de Saint-Germain-des-Prés. Le roi Louis IX les appela à Paris et leur donna l’hôtel de Vauvert. « Ce château était habité depuis plusieurs années, nous raconte du Breul, par un malin esprit, lequel ailligeait grandement tous ceux qui passaient dans ce quartier. Aussi la porte de l’Université (pour lors dite porte Gibard et maintenant porte Saint-Michel) lut-elle nommée la porte d’Enfer, comme aussi la rue qui va de la dite porte à Notre-Dame-des-Champs. » Suivant le même historien, une recluse aurait annoncé que le démon ne céderait la place qu’aux enfants de saint Bruno. Félibien n’ajoute aucunement loi à ces fables et ne prend pas la peine de s’y arrêter. Le souvenir de cette satanique hantise s’est perpétué jusqu’à nos jours dans une locution vulgaire : « aller au Diable auvert, » par corruption de « au Diable de Vauvert. » L’église fut bâtie de 1276 à 1324. Au temps de saint Louis, on comptait à Vauvert 8 cellules, avec un petit jardin, une cour et un grenier. Jeanne de Châtillon, comtesse d’Alençon, en fonda 14 autres. D’autres bienfaiteurs l’imitèrent, comme André Taran.Dans le clocher se voyaient les célèbres peintures de Lesueur. Au moment de la révolution, la Chartreuse de Vauvert comptait 26 religieux profès et 6 convers. Ses revenus nets s’élevaient à environ 73.730 livres.
1 Tisserand, Topographie historique du vieux Paris; région du faubourg Saint- * Germain, II, 75. boni Félibien, Histoire de la ville de Paris (Paris, 1725), 367-368.