‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 3 sur 121 · II. CHANOINES RÉGULIERS DE SAINTE-CROIX DE LA BRETONNERIE (1530) L · texte numérisé non relu

II. CHANOINES RÉGULIERS DE SAINTE-CROIX DE LA BRETONNERIE (1530) L

Les chanoines réguliers, institués par Théodore de Celles à Clairlieu entre Namur et Liège, vers le commencement du xine siècle, fondèrent un monastère à Paris, rue de la Bretonnerie. Saint Louis les honora de sa protection et les combla de bienfaits. En 1530, un arrêt du Parlement nomma comme vicaires-nés du supérieur général de Sainte- Croix, pour visiter le couvent de la rue de la Bretonnerie, les prieurs de Saint-Germain-des-Prés et des Célestins. Au commencement du xviii0 siècle, les chanoines de Sainte-Croix de la Bretonnerie étaient tombés dans le relâchement. Le prieur de Saint-Germain reçut des rapports défavorables sur leur conduite. Il les communiqua au supérieur général de l’ordre et le pria de faire la visite canonique, qui n’avait plus eu lieu depuis quinze ans. Informés des plaintes que le prieur de Saint-Germain avait formulées à leur sujet, les religieux de Sainte-Croix se crurent perdus. Ils cherchèrent le moyen d’échapper au danger qui les menaçait. Us voulurent d’abord intimider le Bénédictin, en le menaçant de l’accuser de jansénisme. N’ayant pas réussi, ils obtinrent, par l’entremise du Père Le Tellier, des lettres de cachet nommant assistant de leur supérieur général le prieur de Saint-Martindes-Champs, aux lieu et place du prieur de Saint-Germain. Pour consoler et calmer ce dernier, les chanoines lui promirent qu’il présiderait, la prochaine élection de leur prieur. Le temps venu, le fils de saint Benoît les somma de tenir parole; ces religieux lui répondirent qu’ils avaient actuellement le privilège de choisir eux-mêmes les assistants de leur général pour les visites canoniques. Le prieur de Saint- Germain répliqua que le titre d’assistant et de vicaire général d’un ordre, presque inconnu en France, qui faisait encore en 1640 profession de mendicité, n’avait rien qui puisse piquer l’ambition du prieur de Saint-Germain-des-Prés. Cependant comme il le tenait du Parlement, c’est, lui qui devait décider si on pouvait le destituer d’une manière aussi indigne. Il laissa à Monseigneur le Procureur général le soin de requérir ce qu’il jugerait convenable pour la justice et le rétablissement de la discipline régulière dans le monastère de Sainte-Croix de la Bretonnerie. Nous ne voyons pas quel fut le résultat de sa requête.

1 Arch. nat. L. 766.

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