Id. LL
et le Grand-Y aux, Charintru, Baiisy, Savigny, partie de Juvisy, le Breuil, qui est le principal village, dont du présent la terre et seigneurie s'appelle, laquelle est chatellenie, distante environ de six lieues de Paris. » Au Breuil, les Bénédictins possédèrent « un grand manoir, comprenant corps d'hôtel, maison, chapelle, grange, étables, cour et jardin, pressoir bannier, prisons, auditoire pour la justice, les dits lieux traversés par la rivière d'Orge, entourés de murs ». Auprès de la maison seigneuriale du Breuil, sur la rivière d'Orge, était le moulin à blé avec cour et jardin. Dans la plaine entre Epinay et Balainvilliers, la ferme de la Grange avec tous les bâtiments d'exploitation agricole clos de murs ; un peu plus loin, aux Graviers, un quartier de vignes appelé le Clos de la Seigneurie. En outre, l'abbaye possédait i34 arpents de terre, affermés pour la redevance annuelle de 5 muids de blé méteil ; 3 arpents de saussaie, produisant 3oo bottes d'osiers ; 6 arpents de prairies artificielles ou naturelles, donnant de ferme 26 charretées de foin, le droit de pêche en la rivière d'Orge, 4oo livres parisis de censive à percevoir sur le Breuil, Epinay et autres hameaux, les droits de clîâteUenie de haute, moyenne et basse justice avec prévôt, lieutenant, greffier, procureur, sergents et autres officiers, dont les sentences ressortissent en appel du bailly de Saint-Germain-des-Prés, les droits de lods, ventes, les amendes, rouages, confiscations, forfactures dans toute l'étendue de la seigneurie'.
Cette nécessité de reconstitution et de réparation fut la cause de l'érection, au moins temporaire, de cette dépendance en prieuré, car ce ne fut que dans cette période où nous trouvons la mention de prieuré du Breuil. Après que cette seigneurie eut été relevée de ses ruines, le prieuré fut supprimé et le Breuil réuni à la Pitancerie de Saint-Germain.
Après une période de calme, où nous ne trouvons rien à signaler pour l'histoire du prieuré du Breuil, s'ouvrit l'ère lamentable des guerres religieuses. En i562, les calvinistes, sous la conduite du prince de Condé, ravagèrent tout le pays entre Orléans et Paris, brûlèrent les monastères de Marcoussis et de Longpont, détruisirent les fermes, maisons, pressoirs que Saint-Germain-des-Prés possédait dans la contrée, la chapelle et la grange du Breuil.