Arch. nat. S. i
Dans le trésor de l'abbaye, appauvri par tous ces désastres, le cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Germain, ne put trouver les 5oo livres, auxquelles avait été fixée sa part dans le subside que le Pape avait permis au Roi de prélever sur les biens ecclésiastiques ; il dut se les procurer, en les empruntant à un nommé NicoUe Jacquart, à qui il donna hypothèque de pareille somme sur la terre du Breuil. 11 déclara, en même temps, que cet emprunt, dont il demandait la ratification au chapitre de Saint-Germain ne pourrait préjudicier aux concordais passés avec les religieux pour le l'ait de la mense conventuelle (1668)'. Les guerres religieuses se prolongeant avec un véritable acharnement, Henri 111 demanda et obtint du Saint-Siège une nouvelle autorisation de prélever un subside sur les biens ecclésiastiques; pour payer sa quote-part, qui fut fixée à 63 18 livres, le cardinal de Bourbon se décida à aliéner la seigneurie du Breuil, Le 21 mai 1577, ce domaine fut vendu aux enchères publiques et adjugé, pour la somme de 6840 livres tournois, à maître Barnabe Brisson, alors avocat général au Parlement, qui devait jouer un grand rôle dans la suite et mourir victime des violences de la Ligue. L'abbaye, qui n'avait pu sauver de son ancien domaine que les grosses dîmes sur le territoire d'Epinay et les censives de la grange du Breuil, avait toujours conservé le désir de récupérer cette importante et ancienne portion de son patrimoine. Ce ne fut qu'en 1676 que l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés put racheter, au prix de 35,3oo livres, la grange du Breuil, qui, après avoir passé dans les possessions de plusieurs familles illustres de la contrée, avait dû être mise, après saisie, aux enchères publiques'. Un siècle plus tard, en 1770, les Bénédictins inféodèrent la grange du Breuil à M^ Augustin-Henri Cochin, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle de 70 setiers de blé payables en argent « au prix du premier marché de Montlhéry^ ».
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient les dîmes d'Epinaysur-Orge. Le marquis de Vins , commandant de la deuxième compagnie des mousquetaires, percevait la dixme sur 200 arpents dans cette même paroisse. Il prétendait que ses ancêtres avaient acquis depuis